8 juin 2016 / 15:18 / il y a un an

Allemagne/Chine-Sigmar Gabriel veut des règles du jeu équitables

* Montée en puissance des firmes chinoises en Allemagne

* Le ministre de l‘Economie demande une “concurrence loyale”

* Pas de réponse législative à l‘OPA chinoise sur Kuka

par Madeline Chambers et Caroline Copley

BERLIN, 8 juin (Reuters) - Le ministre allemand de l‘Economie a appelé mercredi au respect de règles de jeu équitables pour les investissements internationaux, une allusion à peine voilée à l‘appétit croissant de groupes chinois pour des entreprises allemandes.

Sigmar Gabriel a établi une distinction entre des marchés ouverts et ce qu‘il a appelé “un marché interventionniste de capitalisme d‘Etat”, autrement dit la Chine où les entreprises allemandes se plaignent depuis longtemps des difficultés qu‘elles éprouvent à investir ou à acquérir des firmes locales.

“Nous ne pouvons pas sacrifier des entreprises allemandes et des emplois allemands sur l‘autel de l‘ouverture des marchés quand en réalité il n‘y a pas d‘égalité. Pour avoir des marchés ouverts, il faut que les mêmes règles soient respectées partout”, a dit Sigmar Gabriel, par ailleurs vice-chancelier, à des journalistes.

“Il ne s‘agit pas de protectionnisme mais d‘équité (...). On ne parle pas du cas d‘une entreprise en particulier ou d‘un pays. On parle de marchés ouverts sur la base d‘une concurrence loyale, avec les mêmes conditions pour tous.”

Le dirigeant social-démocrate a démenti toutefois une information du magazine Die Zeit selon laquelle l‘Allemagne pourrait faire une loi pour bloquer l‘OPA de 4,5 milliards d‘euros récemment annoncée par le groupe chinois Midea sur le fabricant de robots industriels Kuka.

“Il n‘y aura pas de loi Kuka”, a-t-il dit. “Il s‘agit de soulever le problème au niveau de l‘Europe, pas de changer une loi en Allemagne.”

Lundi, le groupe de négoce Shanghai Yiqian Trading Company a annoncé le rachat du petit aéroport de Francfort-Hahn et des rumeurs circulaient mercredi à la Bourse de Francfort sur une possible OPA de l‘opérateur télécoms China Mobile sur Wirecard, un spécialiste allemand des solutions de paiement.

Sigmar Gabriel, qui s‘est aussi inquiété publiquement de l‘impact pour l‘industrie sidérurgique européenne des importations d‘acier chinois à bas prix, s‘était précédemment dit favorable à une contre-offre européenne sur Kuka mais le gouvernement a démenti interférer dans cette affaire.

Cette actualité coïncide avec une visite de la chancelière Angela Merkel en Chine le week-end prochain.

Kuka est détenu à 25,1% par le groupe d‘ingénierie non coté Voith, dont le président du directoire Hubert Lienhard se trouve être aussi le président du Comité Asie-Pacifique de l‘Industrie allemande (APA).

Lienhard a dit à Reuters qu‘il attendrait de connaître les modalités précises de l‘offre de Midea avant de se prononcer et d‘étudier d‘éventuelles alternatives.

Mais il n‘y a, selon lui, pas à craindre une perte du savoir technologique allemand au profit de la Chine.

“Je n‘imagine pas de voir partir l‘industrie allemande”, a-t-il affirmé, rappelant que le tissu industriel du pays se compose à 80% de PME et d‘entreprises de taille intermédiaire qui ne sont pour la plupart pas cotées en Bourse, ce qui rend impossible des prises de contrôle hostiles. (avec la collaboration d‘Andreas Rinke, Véronique Tison pour le service français)

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