Athènes modifie les conditions de la vente du site d'Hellinikon

mardi 7 juin 2016 21h55
 

ATHÈNES, 7 juin (Reuters) - Athènes a révisé mardi les termes de l'accord de cession du site de l'ancien aéroport d'Athènes, Hellenikon, pour se conformer aux exigences de ses créanciers internationaux qui doivent débloquer une nouvelle tranche du plan d'aide au pays.

Les privatisations sont l'une des conditions clé des plans de sauvetage internationaux depuis 2010 mais la résistance politique et des complications bureaucratiques ont freiné le mouvement et peu d'entre elles ont été réalisées jusqu'ici.

La Grèce a cédé cet immense terrain en bord de mer, dans la banlieue d'Athènes, à un consortium mené par Lamda Development pour 915 millions d'euros en 2014. Toutefois, l'opposition des résidents, ainsi que des obstacles techniques, ont retardé le bouclage de l'opération.

L'agence de privatisation HRADF et Lamda ont signé mardi un protocole d'accord révisant les termes de l'accord, ont annoncé les deux entités dans des communiqués distincts.

"En signant ce nouvel accord pour Hellenikon, la réalisation d'un investissement qui marquera le développement de ce pays suit son cours", a déclaré Stergios Pitsiorlas, responsable de l'agence de privatisation, dans un communiqué.

L'accord initial prévoyait que le consortium paierait les 915 millions d'euros par mensualités jusqu'en 2022 et dépenserait environ six milliards d'euros pour transformer ce site de 620 hectares en station balnéaire.

HRADF a annoncé que la moitié de la somme devrait désormais être versée d'ici 2018 et que l'investissement total devrait être d'environ huit milliards, réalisés pour l'essentiel sur les 12 années à venir plutôt que sur les 15 ans prévus initialement.

Lamda a annoncé que ce projet créerait 70.000 emplois et dégagerait un revenu de 10 milliards d'euros pour le pays en 25 ans. Le consortium menée par Lamda comprend le groupe diversifié chinois Fosun, la société immobilière basée à Abou Dhabi, Al Maabar, ainsi que d'autres investisseurs.

Athènes doit également procéder ce mois-ci à une autre condition pour le déblocage d'une tranche de 7,5 milliards d'euros dans le cadre de son plan de sauvetage: le transfert d'une participation de 5% dans l'opérateur télécoms OTE à l'agence de privatisation grecque.

"Il devrait y avoir un peu d'activité pour le compte de Deutsche Telekom, qui encore en attente", a dit la porte-parole du gouvernement grec, Olga Gerovasili. Deutsche Telekom détient 40% d'OTE et a un droit de préemption sur toute cession d'une part du capital de l'opérateur. (Angeliki Koutantou, Michele Kambas et Renee Maltezou, Juliette Rouillon pour le service français)