Aérien-L'UE va négocier avec le Golfe, la Turquie et l'Asean

mardi 7 juin 2016 19h07
 

BRUXELLES, 7 juin (Reuters) - Les pays membres de l'Union européenne (UE) ont donné mardi leur feu vert à la Commission pour tenter de conclure des accords commerciaux avec les Emirats arabes unis, le Qatar, la Turquie et l'Association des pays du sud-est asiatique (Asean) dans le domaine du transport aérien, avec l'espoir d'ouvrir de nouveaux débouchés à leurs compagnies aériennes.

Le secteur européen du transport aérien, qui représente une contribution de 110 milliards d'euros au produit intérieur brut (PIB) de l'UE, souffre depuis des années de la concurrence de compagnies émergentes telles qu'Emirates, Etihad Airways et Qatar Airways ainsi que du basculement progressif du trafic vers l'Asie.

La Commission avait demandé en décembre aux Etats membres de lui confier un mandat afin d'entamer des discussions sur le sujet avec des pays incluant la Chine, la Turquie, les Emirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. De tels accords permettraient de clarifier les conditions d'ouverture des marchés et d'assurer une certaine réciprocité.

L'exécutif communautaire espère ainsi assurer aux compagnies aériennes européennes un meilleur accès à certains des marchés les plus dynamiques du monde, notamment les pays du Golfe et la Turquie.

"Une fois conclus, ces accords offriront de nouvelles opportunités d'affaires à l'ensemble du secteur aérien, de nouvelles liaisons et de meilleurs tarifs aux passagers, tout en garantissant une égalité de traitement à nos compagnies", a déclaré la commissaire aux Transports, Violeta Bulc.

Des compagnies européennes, comme Lufthansa et Air France-KLM, tout comme certaines compagnies américaines, accusent régulièrement les compagnies du Golfe de bénéficier d'aides publiques déloyales, ce que ces dernières réfutent.

ACI Europe, la fédération européenne des exploitants d'aéroports, a souhaité mardi que des accords conclus au niveau européen se substituent à "des accords aériens bilatéraux souvent restrictifs".

Pour la première fois, les Etats membres ont prévu dans le mandat confié à la Commission une clause permettant une reprise des accords bilatéraux si les discussions au niveau communautaire durent trop longtemps.

(Julia Fioretti; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)