France-La BdF table sur "au moins 1,4%" de croissance en 2016

vendredi 3 juin 2016 08h30
 

PARIS, 3 juin (Reuters) - La Banque de France attend une
croissance d'"au moins 1,4%" pour l'économie française cette
année, qui n'accélérerait que très légèrement en 2017 (1,5%) et
2018 (1,6%).
    Ces prévisions semestrielles diffusées vendredi évoluent peu
par rapport aux précédentes, qui remontent à décembre, quand
l'institution tablait sur des hausses du PIB de 1,4% en 2016,
puis 1,6% en 2017.
    Seule la révision à la hausse par l'Insee, à 0,6%, de la
croissance du premier trimestre a conduit la Banque
de France à estimer que sa prévision 2016 constituait une marque
basse.
    Dans son programme de stabilité annuel publié en avril, le
gouvernement français anticipe pour sa part 1,5% de croissance
pour 2016 comme pour 2017, avec un petit saut à 1,75% en 2018.
    Selon les économistes de la Banque de France, l'économie  
française bénéficierait du regain d'activité dans la zone euro,
notamment favorisé par la politique monétaire très accommodante
de la Banque centrale européenne (BCE). 
    Ils voient la demande interne gagner en dynamisme, avec une
hausse de la consommation des ménages, en particulier en 2016
(+1,9%), et surtout la "confirmation d'une reprise durable de
l'investissement des entreprises" (entre +3,0% et +3,5% par an
sur 2016-2018).
    En outre, l'investissement public et celui des ménages, pour
l'essentiel dans l'immobilier, cesseraient progressivement de
constituer un frein à la croissance.
    S'agissant de l'inflation, la Banque de France a revu en
baisse ses précédentes estimations et prévoit un taux IPCH
(harmonisé pour permettre les comparaisons européennes) de 0,2%
cette année puis une remontée à 1,1% l'an prochain et 1,4% en
2018.
    L'inflation sous-jacente (hors énergie et alimentaire) se
situerait selon elle à 0,6% en 2016 et 0,7% en 2017 avant
d'accélérer à 1,4% en 2018.
    Mais la Banque de France ne prévoit toujours qu'une baisse
lente du chômage avec un taux qui passerait à 10,1% cette année 
contre 10,3% en 2015 puis 10,0% en 2017 et 9,8% en 2018 sur
l'ensemble du territoire français, y compris l'outre-mer.
     Elle escompte encore un déficit public ramené à 3,3% du PIB
en 2016, au même niveau que les prévisions gouvernementales,
sous condition d'une "maîtrise poursuivie des dépenses" alors
que l'exécutif multiplie les annonces d'engagements nouveaux
depuis le début de l'année.
    Dans son scénario, il reviendrait tout juste à 3,0% en 2017,
là où le gouvernement le voit à 2,7%. La Banque de France
insiste sur l'importance de descendre sous ce seuil de 3%, 
"notamment pour atteindre l'objectif de 2,7% du programme de
stabilité transmis à nos partenaires européens."
    
    Les prévisions de la Banque de France
                                 2016        2017        2018
             PIB                 1,4%        1,5%        1,6%
 Consommation des ménages        1,9%        1,6%        1,7
 Consommation publique           1,4%        0,8%        0,8%
 Investissement                  2,0%        2,4%        2,4%
   - administrations             1,2%        1,4%        1,9%
   - ménages                    -1,2%        0,9%        0,1%
   - entreprises                 3,4%        3,1%        3,3%
 Exportations                    2,9%        4,6%        4,5%
 Importations                    4,9%        4,5         4,5%
            -----                ---         ---         ---
 Contributions                                             
     (en points de PIB)                               
    - demande intérieure         1,8         1,6         1,7
                                                      
    - exportations nettes        -0,6        0,0         0,0
                                                      
    - variation de stocks        0,3         -0,1        0,0
                                                      
            -----                ---         ---         ---
 Taux de chômage (BIT)          10,1%       10,0%        9,8%
 Déficit public                  3,3%        3,0%          
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Myriam Rivet)