La BCE laisse ses taux d'intérêt inchangés

jeudi 2 juin 2016 13h45
 

VIENNE, 2 juin (Reuters) - La Banque centrale européenne n'a pas modifié sa politique monétaire jeudi, un statu quo sans surprise, mais son président, Mario Draghi, pourrait annoncer dans la journée une révision à la hausse de ses prévisions d'inflation et de croissance pour la zone euro.

Le taux de refinancement, principal taux d'intérêt de la BCE, reste fixé à zéro, le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25% et le taux de la facilité de dépôt à -0,4%.

Les 65 économistes et analystes interrogés par Reuters avant la réunion avaient été unanimes pour prédire que les taux d'intérêt ne seraient pas modifiés. Une large majorité d'entre eux s'attendent en outre à ce que la BCE ne touche plus à ses taux d'ici la fin de l'année.

Au cours de sa traditionnelle conférence de presse (12h30 GMT), très suivie par les investisseurs, Mario Draghi doit présenter les nouvelles prévisions économiques des équipes de la BCE, qui devraient logiquement prendre en compte la remontée récente des cours du pétrole et donc être revues à la hausse après plusieurs révisions à la baisse depuis l'an dernier.

L'inflation dans la zone euro est inférieure depuis plusieurs années à l'objectif d'un taux légèrement inférieur à 2% que s'est fixé la banque centrale, la persistance d'un chômage élevé, la modération salariale et la faiblesse de l'investissement comme de la demande s'étant ajoutées à l'impact de la chute des cours du pétrole.

Même si la conjoncture en zone euro a toutefois montré des signes d'amélioration ces derniers mois, la croissance du premier trimestre ayant dépassé les attentes, la confiance des marchés dans la capacité de la BCE à faire remonter l'inflation reste limitée: leur principal baromètre, les anticipations d'inflation à cinq ans dans cinq ans évoluent actuellement en dessous de 1,5%.

Mario Draghi devrait par ailleurs préciser les modalités du programme d'achats d'obligations d'entreprise, le CSPP (corporate sector purchase programme), qui doit être mis en oeuvre dans les jours ou les semaines à venir et s'ajouter aux achats d'obligations d'Etat.

(Marc Angrand pour le service français)