Euronext cherche à perturber la fusion D.Börse-LSE, dit Kengeter

mardi 31 mai 2016 19h09
 

FRANCFORT, 31 mai (Reuters) - Euronext, opérateur entre autres de la Bourse de Paris, s'efforce de mettre à mal le projet de fusion entre Deutsche Börse et London Stock Exchange (LSE) en profitant de l'appui du gouvernement français, accuse le patron de la Bourse de Francfort.

Carsten Kengeter s'exprimait devant l'association internationale des journalistes économiques de Francfort. Ses propos ont été publiés mardi.

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a déclaré le 20 mai que le projet de fusion entre Deutsche Börse et LSE était "préoccupant" et que la France "fer(ait) en sorte que la Commission européenne se saisisse (de la question) pour éviter des situations de position dominante".

"L'Etat français possède une participation de 6% dans Euronext, un certain conflit est donc visible", a dit Carsten Kengeter.

Outre Paris, Euronext gère les Bourses d'Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne. Il s'est allié en 2007 avec le New York Stock Exchange, puis ce nouvel ensemble a été racheté en 2013 par Intercontinental Exchange (ICE), qui a revendu Euronext.

Ce dernier affiche une capitalisation boursière d'environ 2,7 milliards d'euros, selon les données Thomson Reuters, et ne dispose pas de sa propre chambre de compensation.

"En matière boursière, Paris a connu un destin qu'on ne peut pas nécessairement qualifier de positif", a dit le patron de Deutsche Börse.

Carsten Kengeter juge qu'Euronext aurait aimé nouer avec Londres une alliance comme celle que Deutsche Börse est en passe de conclure pour 27 milliards d'euros. "Paris se réjouirait si notre projet venait à échouer", a-t-il dit.

Il n'a pas été possible de joindre Euronext dans l'immédiat.

Si le projet de fusion avec LSE tombait à l'eau, Deutsche Börse pourrait devenir une cible et l'opérateur de la Bourse de Chicago, CME Group, pourrait être tenté, a également déclaré Carsten Kengeter.

ICE pourrait aussi revenir à la charge après avoir renoncé ce mois-ci à une offre sur LSE concurrente de celle de Deutsche Börse, a-t-il ajouté. (Jonathan Gould, Andreas Kroener et Alexander Huebner, avec Maya Mikolayeva à Paris et Chuck Mikolajczak à New York; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)