Sigmar Gabriel apprécierait une offre européenne sur Kuka

mardi 31 mai 2016 16h20
 

BERLIN/FRANCFORT, 31 mai (Reuters) - Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, a déclaré mardi qu'il apprécierait une offre alternative venant d'Allemagne ou d'Europe à la proposition de rachat soumise par le groupe chinois d'électroménager Midea Group au fabricant allemand de robots industriels Kuka.

Ce dernier a accueilli favorablement vendredi dernier l'offre de 4,5 milliards d'euros de Midea Group.

Si le projet aboutit, Kuka sera la plus importante société allemande de hautes technologies industrielles à passer sous contrôle chinois.

Selon des sources gouvernementales, Berlin va évaluer l'importance technologique de Kuka pour la numérisation de l'industrie allemande, une priorité économique pour le gouvernement d'Angela Merkel.

"Bien sûr, je jugerais approprié qu'il y ait au moins une offre alternative émanant d'Allemagne ou d'Europe", a dit Sigmar Gabriel, qualifiant l'intérêt chinois pour les industries allemandes de "pas inquiétant mais notable".

Le gouvernement allemand a indiqué qu'il n'interviendrait pas pour tenter de bloquer le rachat de Kuka par Midea.

"Nos possibilités (d'intervenir) se limitent fondamentalement à des paroles", a reconnu Sigmar Gabriel, qui dit avoir abordé le sujet avec le cabinet d'Angela Merkel mais pas en conseil des ministres.

Interrogé sur l'intérêt de maintenir Kuka sous pavillon européen, le directeur commercial du groupe a répondu que sa priorité était de préserver les emplois voire d'en créer.

"Il n'y a pas de réponse simple à la question de savoir quel est le bon choix", a déclaré Wilfried Eberhardt, qui siège en tant que représentant des salariés au conseil de surveillance, lors d'une conférence à Francfort. "Bien sûr, le savoir-faire est important pour les emplois. D'un autre côté, les marchés sont importants pour les emplois."

Les propos de Sigmar Gabriel font en tout cas écho à ceux du commissaire européen Günther Oettinger, qui a invité les actionnaires majoritaires de Kuka a réfléchir à des solutions alternatives à l'offre de Midea en insistant sur l'importance stratégique de l'entreprise pour l'Allemagne.

"Comme ce n'est pas un appel à l'aide à la Chine, nous devrions être autorisés à nous demander si une approche européenne ne serait pas une meilleure solution pour Kuka", a dit Günther Oettinger, lui-même allemand, au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung. (Gernot Heller et Georgina Prodhan; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)