Crédit mutuel-Pour Arkéa, une séparation est "inéluctable"

mardi 31 mai 2016 11h54
 

PARIS, 31 mai (Reuters) - Les déclarations du nouveau patron du Crédit mutuel sur la notation de la dette du Crédit mutuel Arkéa sont "inexactes et fallacieuses" et illustrent le caractère "inéluctable" d'une séparation entre les deux banques mutualistes, a déclaré lundi Crédit mutuel Arkéa.

"Les allégations de M. (Nicolas) Théry - qui est également depuis le mois de mars dernier le nouveau président de l'organe central du Crédit Mutuel - relatives à une éventuelle dégradation de quatre crans de la notation du Crédit mutuel Arkéa, par l'agence Moody's, sont totalement inexactes et fallacieuses", estime Crédit mutuel Arkéa dans un communiqué.

"Cette situation témoigne de l'impossibilité de continuer à faire coexister deux groupes concurrents au sein d'un même organe central et confirme le caractère inéluctable d'une séparation ordonnée", ajoute Arkéa, qui regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central.

Rassemblées au sein du groupe Crédit mutuel Arkéa basé à Brest, les fédérations dissidentes ont vainement demandé des négociations afin d'obtenir leur indépendance via la création de leur propre organe central, tout en conservant la marque Crédit mutuel pour leur banque de détail dans leur région historique.

Vendredi, Nicolas Théry, qui préside aussi le Crédit mutuel Centre-Est-Europe, a déclaré lors de l'assemblée générale de cette fédération que le Crédit mutuel Arkéa souffrirait financièrement d'un divorce avec le Crédit mutuel.

"Quand je vois que Moody's, agence de notation incontestable, dit qu'un Arkéa séparé de la Confédération nationale du Crédit Mutuel perdrait quatre crans de notation, j'ai mal pour le Crédit mutuel", a-t-il déclaré dans son rapport moral.

"Mercredi, lors d'une émission obligataire, Arkéa a payé 70 points de base de plus que la BFCM (Banque fédérative du Crédit mutuel) contre 20 auparavant. Cette dégradation de l'écart se reflétera forcément dans les taux d'intérêt offerts à nos collègues sociétaires de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central", a-t-il encore fait valoir.

Pour Arkéa, ces déclarations sont inacceptables.

"Ces propos traduisent un manquement inédit aux obligations d'objectivité, d'impartialité et de neutralité qui incombent réglementairement à tout organe central", a réagi Arkéa, pour qui les déclarations de Nicolas Théry sont "sans précédent dans l'histoire bancaire française".   Suite...