L'Argentine veut revenir sur le marché de la dette dès avril

vendredi 4 mars 2016 19h38
 

BUENOS AIRES, 4 mars (Reuters) - L'Argentine a l'intention de revenir sur le marché international des capitaux en avril avec trois émissions obligataires d'un montant total de 11,68 milliards de dollars (10,62 milliards d'euros), sous le régime américain, à condition que son Parlement approuve rapidement l'accord conclu lundi avec des créanciers réfractaires, a annoncé vendredi le ministre des Finances.

Alfonso Prat-Gay a précisé que ces émissions obligataires, qui doivent permettre de rembourser les détenteurs de créances non acquittées à la suite d'un défaut de l'Argentine en 2002, auraient des maturités de cinq, dix et trente ans.

Avec son vice-ministre Luis Caputo, il a présenté au Congrès un ensemble d'accords conclus entre l'Argentine et les fonds spéculatifs américains qui avaient jusqu'ici refusé de participer aux restructurations de la dette du pays.

Ces accords comprennent le remboursement en trésorerie de 4,653 milliards de dollars aux principaux créanciers ayant porté plainte devant un tribunal de Manhattan sous la houlette du fonds américain Elliott Management, dirigé par le milliardaire Paul Singer.

Buenos Aires a désormais conclu des accords préliminaires avec environ 85% de ses créanciers et poursuit les négociations avec les autres.

"Si l'accord est étendu à tous les investisseurs, l'émission obligataire sera de 11,684 milliards de dollars. C'est ce qu'il nous faut pour clore définitivement ce chapitre", a déclaré le ministre des Finances.

Le débat de vendredi au Congrès est le premier test politique majeur de la capacité du nouveau président argentin, Mauricio Macri, à obtenir des soutiens au-delà de son parti à son plan de réformes économiques, dont le succès dépend de la fin de ce conflit de 14 ans.

Les parlementaires seront aussi appelés à abroger deux lois qui font barrage au réglementé de ce litige avec les créances du pays.

L'Argentine n'a plus accès au marchés internationaux des capitaux depuis son défaut sur 100 milliards de dollars de dette souveraine en 2002. (Gabriel Burin; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)