7 mars 2016 / 15:13 / dans 2 ans

AVANT-PAPIER-Casino attendu sur la France et sur davantage de transparence

* Résultat opérationnel 2015 attendu en baisse de 35%

* Le groupe promet un spectaculaire redressement en France

* Des détails attendus sur les plus-values immobilières

par Pascale Denis et Dominique Vidalon

PARIS, 7 mars (Reuters) - Casino, qui devrait publier mercredi 9 mars des résultats annuels en forte baisse, devra rassurer sur sa capacité à durablement redresser ses performances en France et être plus transparent en matière de communication financière.

Pris en tenailles entre la chute de ses résultats au Brésil et le plongeon de son titre en Bourse, le distributeur très endetté et menacé de dégradation de sa notation financière par Standard & Poor‘s, a engagé un vaste programme de cessions d‘actifs pour améliorer son bilan.

En vendant sa filiale thaïlandaise Big C, son actif le plus rentable, Casino voit son profil profondément modifié, avec un poids accru de la contribution de ses activités françaises à l‘heure où le Brésil s‘enfonce dans la récession.

La rentabilité opérationnelle de Big C avoisine les 7%, quand celle de la France est attendue à moins de 2% en 2015.

“La France est devenue clé pour les résultats et la génération de trésorerie”, notent les analystes de JP Morgan.

Ceux du Credit Suisse estiment que la France pourrait peser cette année jusqu‘à 70% de l‘excédent brut d‘exploitation de Casino.

Pour 2015, le résultat opérationnel courant du groupe devrait chuter de 35% à 1,45 milliard d‘euros, selon le consensus Reuters - un chiffre inférieur au 1,5 milliard qualifié de “réaliste” par Casino en janvier - pour cause de chute du real et des activités d‘électronique et de e-commerce au Brésil. [ ]

Mais Casino a promis, pour 2016, un spectaculaire redressement de sa rentabilité en France, plombée en 2015 par d‘importantes baisses de prix dans ses hypermarchés Géant et son enseigne discount Leader Price.

Il a dit anticiper un résultat opérationnel de 500 millions d‘euros - représentant une hausse de quelque 47% par rapport aux 340 millions annoncés pour 2015 - un objectif jugé ambitieux par certains analystes qui tablent, en moyenne, sur un résultat plus proche de 460 millions d‘euros.

INVESTISSEMENTS

Malgré la déflation qui sévit dans la grande distribution, Casino mise sur une reprise de ses ventes, grâce aux baisses de prix déjà opérées, et sur les synergies tirées de son alliance dans les achats avec Intermarché.

“Nous attendons des précisions sur cette forte accélération annoncée en France, alors que la déflation devrait se poursuivre sur certains produits”, notent les analystes de Barclays.

Pour protéger sa trésorerie, Casino a d‘ores et déjà annoncé qu‘il réduirait ses investissements en France cette année à 300 millions d‘euros, contre 500 millions en 2015 et 700 millions en 2014.

Par ailleurs, les investisseurs attendent du distributeur davantage de transparence.

Mi-décembre, le groupe a été attaqué par le fonds Muddy Waters, qui l‘avait jugé “dangereusement endetté” et estimé que son ingénierie financière complexe masquait une forte détérioration de ses performances.

Les investisseurs souhaitent ainsi que Casino divulgue le montant de ses plus-values immobilières incluses dans le résultat d‘exploitation de ses opérations françaises, ce qu‘il n‘a jamais fait jusqu‘ici.

“Une plus grande transparence est nécessaire pour que Casino puisse retrouver la confiance des investisseurs de long terme”, soulignent les analystes de Kepler-Cheuvreux.

Faisant écho aux critiques de Muddy Waters, S&P a également épinglé les contraintes financières liées à la structure de détention de Casino et sa cascade de holdings, Rallye, Foncière Euris, Finatis et Euris.

Les analystes s‘interrogent ainsi sur les moyens de désendetter Rallye, alors que S&P pointe les nécessaires remontées de dividendes pour servir la dette, au moment où la génération de trésorerie de Casino se dégrade au Brésil.

La dette de Rallye était à environ 2,8 milliards d‘euros à la fin 2014, celle de Foncière Euris de 253 millions et celle de Finatis à 107 millions. Aucun chiffre n‘est disponible concernant Euris, holding de tête non côtée du PDG du group, Jean-Charles Naouri.

Après avoir perdu 44% en 2015 et être tombé à 34,38 euros en janvier, le titre Casino a regagné du terrain avec l‘annonce de la cession de Big C. Le titre se négociait à 48,16 euros vers 16h00, ayant quasiment regagné le terrain perdu depuis l‘attaque de Muddy Waters du 17 décembre. (Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

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