LEAD 1-Draghi souligne la montée des risques avant la réunion de mars

mardi 1 mars 2016 18h15
 

(Actualisé avec précisions, nouvelles citations)

FRANCFORT, 1er mars (Reuters) - Les perspectives de croissance et d'inflation de la zone euro se sont altérées et la Banque centrale européenne (BCE) devra en tenir compte la semaine prochaine à l'occasion de sa réunion de politique monétaire, a déclaré mardi son président, Mario Draghi.

L'inflation dans la zone euro est devenue négative en février, décevant des attentes qui étaient déjà faibles et confortant l'hypothèse de nouvelles mesures de soutien au crédit le 10 mars prochain à l'issue du Conseil des gouverneurs de l'institution, qui réexaminera la politique monétaire de l'institution.

"La revue doit être considérée dans le contexte d'une augmentation des risques baissiers sur les prévisions antérieures, sur fond d'incertitude accrue au sujet des perspectives de croissance des économies émergentes, de volatilité des marchés financiers et de matières premières et de risques géopolitiques", a écrit Mario Draghi, dans une lettre à un député européen datée du 1er mars.

"Dans ce contexte, la dynamique inflationniste dans la zone euro reste plus faible qu'attendu", ajoute-t-il.

Les indices PMI des directeurs d'achats et plusieurs indicateurs du sentiment économique ont tous surpris dans le mauvais sens du terme ces derniers temps. Parallèlement, l'inflation de base, qui fait abstraction des prix alimentaires et énergétiques, a fléchi, ce qui laisse penser que la chute des cours pétroliers se répercute progressivement sur les prix d'autres biens et services, créant ce que l'on appelle des effets de second tour, susceptibles de pérenniser une inflation quasi inexistante.

Dans sa lettre, Mario Draghi explique que la réunion du Conseil des gouverneurs de mars inclura une analyse plus détaillée des possibles effets de second tour du tassement de l'inflation et il ajoute que la BCE n'hésitera pas à agir en cas de besoin.

"Le Conseil des gouverneurs dispose de toute une panoplie d'instruments pour réagir, si nécessaire, et il n'y a aucune limite au déploiement de ces instruments dans le cadre de notre mandat pour atteindre notre objectif d'une inflation inférieure à mais proche de 2% à moyen terme", poursuit Mario Draghi.

Il semble acquis aux yeux des économistes que la BCE abaissera encore son taux de dépôt, de 10 points de base, à -0,4% le 10 mars mais les observateurs sont partagés sur les autres mesures possibles.

Certains prédisent une augmentation du montant mensuel des actifs rachetés dans le cadre de son programme d'assouplissement quantitatif, actuellement de 60 milliards d'euros par mois, mais d'autres n'anticipent que des modifications techniques tandis qu'une troisième catégorie s'attend à la mise en oeuvre d'un système de taux de dépôt à plusieurs niveaux.

(Balazs Koranyi; Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le service français)