Air France à nouveau confortée en justice face aux pilotes

jeudi 25 février 2016 17h45
 

PARIS, 25 février (Reuters) - Air France s'est félicitée jeudi de l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui lui a donné raison dans le différend l'opposant au Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) sur la conclusion de son ancien plan de restructuration "Transform 2015".

La filiale d'Air France-KLM, qui tient jeudi et vendredi un comité central d'entreprise (CCE) portant notamment sur un nouveau plan de départs volontaires au sein du personnel au sol et des hôtesses et stewards, espère grâce à cette décision de justice solder les accords conclus dans le cadre de Transform 2015 après des mois de bras de fer.

"La direction d'Air France souhaite que cette étape puisse favoriser la poursuite du dialogue engagé entre les organisations représentatives des pilotes et la direction d'Air France, tourné vers la compétitivité et le développement de l'entreprise", a déclaré une porte-parole de la compagnie.

Le tribunal de grande instance de Bobigny avait déjà donné raison en octobre 2015 à Air France, qui reprochait au SNPL de ne pas avoir appliqué totalement les modalités de Transform 2015.

La compagnie est d'autant plus pressée de solder Transform 2015 qu'elle espère boucler rapidement les négociations sur le plan actuel, "Perform 2020", dans une version adoucie en janvier grâce à une conjoncture devenue plus favorable.

Le SNPL a d'ores et déjà mis en garde la direction avant les négociations prévues à partir du 10 mars.

"S'ils reprennent des éléments qui ne figuraient pas en tant que tel dans l'accord Transform 2015, on ne laissera pas faire", a prévenu Véronique Damon, secrétaire générale du puissant syndicat à l'origine de la longue grève de septembre 2014.

Selon plusieurs sources syndicales, Air France présentera vendredi matin en CCE les modalités de 1.400 suppressions de postes pour les personnels au sol et 200 pour les hôtesses et stewards d'ici avril 2017. Des réunions de négociations sont prévues les 8, 15 et 29 mars, ont précisé ces sources.

Ces nouvelles réductions d'effectifs remplacent les 2.900 suppressions de postes envisagées dans le cadre d'un "plan B" drastique annoncé après l'échec de négociations lors d'un CCE mouvementé en octobre, puis remisé mi-janvier.

Air France, qui a présenté jeudi dernier des résultats meilleurs que prévu pour 2015, espère réembaucher à partir de 2018. (Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez)