LEAD 1-Electrolux se tourne vers les émergents après l'échec de GE

mercredi 24 février 2016 16h04
 

par Niklas Pollard et Helena Soderpalm

STOCKHOLM, 24 février (Reuters) - Electrolux va axer ses efforts sur des acquisitions dans les marchés émergents et dans le segment très rentable de l'équipement professionnel après l'échec du rachat des activités d'électroménager de General Electric, a déclaré mercredi le nouveau directeur général du groupe suédois.

Face à l'opposition des autorités américaines, GE a renoncé en décembre à cette opération à 3,3 milliards de dollars (3,0 milliards d'euros) qui devait permettre à Electrolux de doubler ses ventes aux Etats-Unis, forçant ce dernier à chercher ailleurs des relais de croissance.

Cet échec a aussi entraîné le départ du patron du groupe, remplacé par Jonas Samuelson, l'ancien responsable Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) qui faisait mercredi sa première présentation aux investisseurs en tant que directeur général.

Electrolux souhaite se développer dans certaines parties d'Amérique latine et dans des pays d'Asie tels que l'Inde, a-t-il dit en notant que la situation difficile des marchés financiers de beaucoup d'économies émergentes n'était pas un handicap, bien au contraire.

"Clairement, les valorisations ont beaucoup baissé car l'évolution des marchés boursiers joue beaucoup sur l'état d'esprit des vendeurs. Et puis beaucoup de ces monnaies se sont fortement dépréciées", a-t-il expliqué.

Jonas Samuelson a aussi dit envisager des acquisitions dans le segment des équipements professionnels, pour restaurants et laveries automatiques par exemple, qui permet de dégager des marges élevées mais ne représente qu'un peu plus de 5% du chiffre d'affaires d'Electrolux.

"Voilà nos priorités pour le court et le moyen terme", a-t-il dit aux journalistes en marge de sa présentation. "Nous avons un bilan très très solide (...) qui nous donne des munitions quand il s'agit de croissance externe."

Le groupe suédois a confirmé projeter une croissance de 2% à 3% du marché de l'électroménager en Europe occidentale et de 3% à 4% en Amérique du Nord, comme il l'avait annoncé en janvier, et il a ajouté que la chute des prix des matières premières constituerait un élément positif plus important qu'il ne le pensait.

Il chiffre ainsi à 750 millions de couronnes (80,2 millions d'euros) les économies permises par l'effet matières premières cette année et non plus à 550 millions comme il le prévoyait auparavant. (avec la contribution de Sven Nordenstam, Wilfrid Exbrayat et Véronique Tison pour le service français)