LEAD 1-L'Etat gère ses parts dans Orange en vue des votes doubles

mercredi 24 février 2016 16h14
 

(Actualisé avec précisions)

24 février (Reuters) - L'Etat français et Bpifrance ont en fin de semaine dernière signé un nouveau pacte d'actionnaires visant leur participation au capital d'Orange dans la perspective de l'entrée en vigueur cette année des droits de vote doubles au sein de l'opérateur télécoms.

Via l'Agence des participations de l'Etat (APE) et Bpifrance, l'Etat français est actionnaire à hauteur de 23% d'Orange. Et l'application des droits de vote doubles lui ferait passer le seuil des 30% des droits de vote d'Orange et l'obligerait à lancer une OPA.

Selon un porte-parole de Bpifrance, le nouveau pacte d'actionnaires, rendu public mercredi dans un avis de l'Autorité des marchés financiers (AMF), permettra à l'Etat français d'aménager sa participation dans Orange pour rester sous le seuil des 30% des droits de vote.

Dans cette optique, Bpifrance, qui détient 9,60% du capital d'Orange, prévoit de passer certains de ses titres "au porteur", c'est-à-dire détenus par un établissement financier, pour que ces derniers ne puissent pas bénéficier des droits de vote doubles.

Une porte-parole de l'APE, actionnaire à 13,45% d'Orange, n'était en revanche pas joignable dans l'immédiat pour dire si l'APE envisageait aussi de passer certaines actions "au porteur".

D'après l'avis de l'AMF, le pacte d'actionnaires entre l'Etat français et Bpifrance est conclu pour une durée de deux ans et est tacitement renouvelable par période de deux ans.

Le porte-parole de Bpifrance a en revanche pris soin de préciser que le nouveau pacte d'actionnaires n'avait pas de lien avec les négociations en cours sur un rachat de Bouygues Telecom par Orange.

A l'occasion de la publication de ses résultats 2015, le groupe de construction, de télécoms et de médias, a indiqué vouloir obtenir au moins 10% du capital du numéro un des télécoms en contrepartie de la vente de sa filiale. (Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Belot)