LEAD 1-Weidmann (Buba) avertit sur l'impact des taux bas sur les banques

mercredi 24 février 2016 15h24
 

(Actualisé avec contexte, détail)

FRANCFORT, 24 février (Reuters) - Les résultats des banques européennes souffriront si les taux d'intérêt sont maintenus à des niveaux proches de zéro pendant trop longtemps, a déclaré mercredi le président de la banque centrale allemande, laissant ainsi entendre qu'il est en faveur d'une réorientation de la politique monétaire.

Ces remarques de l'influent président de la Bundesbank, Jens Weidmann, montrent à quel point l'Allemagne s'inquiète de l'impact sur les banques de la politique de taux très bas menée depuis plusieurs années en Europe, à l'origine du récent "krach" du secteur bancaire en Bourse qui a partiuclièrement affecté Deutsche Bank, la première banque allemande.

"L'environnement de taux d'intérêt faibles pèse particulièrement sur les résultats potentiels des banques", a-t-il dit à la presse, en référence à la chute des cours de Bourse.

"Plus la période de taux d'intérêt bas se prolonge, plus les taux d'intérêt baissent, et plus les bénéfices des banques seront limités", a ajouté Jens Weidemann, qui siège également au conseil des gouverneurs de la Banque centeale européenne (BCE).

La conseil de la BCE se réunit début mars pour décider ou non d'assouplir encore la politique monétaire européenne, notamment en renforçant le plan de rachat de 1.500 milliards d'euros d'actifs ou en abaissant encore ses taux directeurs.

Jens Weidmann a évoqué une enquête auprès des banques allemandes selon laquelle une nouvelle baisse du taux de dépôt réduirait de 25% leurs bénéfices avant impôts d'ici à 2019.

Si les taux restaient à leurs niveaux actuels jusqu'en 2019, a-t-il dit, les bénéfices pourraient être divisés par deux. De nouvelles baisses de taux aggraveraient encore la situation.

Tout en observant que tout nouvel assouplissement de la politique monétaire pourrait produire des effets secondaires qu'il serait "dangereux de tout simplement ignorer", Jens Weidmann a déclaré qu'il ne voyait aucun risque de déflation.   Suite...