LEAD 1-Corruption-Un proche de Rousseff se rend à la police

mardi 23 février 2016 18h08
 

(actualisé avec Humala, et précisions sur Santana)

RIO DE JANEIRO 23 février (Reuters) - João Santana, l'organisateur des campagnes électorales de la présidente Dilma Rousseff en 2010 et 2014, a regagné le Brésil et s'est rendu à la police, qui le recherche pour son rôle présumé dans une affaire de corruption, a déclaré mardi son porte-parole.

La justice avait lancé lundi un mandat d'arrêt contre lui dans le cadre de l'enquête sur le scandale impliquant le géant pétrolier Petrobras. A son arrivée au Brésil, Santana a été conduit à bord d'un avion de la police dans la ville de Curitiba, épicentre de cette vaste affaire de corruption.

João Santana, surnommé "le faiseur de présidents" car il a également travaillé pour Luiz Inacio Lula da Silva, prédécesseur de Dilma Rousseff, et pour le défunt président vénézuélien Hugo Chavez, est l'ancien trésorier du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir au Brésil.

Santana, qui est âgé de 63 ans, a déclaré qu'il renonçait à diriger la campagne pour la réélection du président Danilo Medina en République dominicaine, afin de pouvoir se défendre devant la justice brésilienne face à des "accusations sans fondement".

João Santana est soupçonné d'avoir reçu sur un compte en Suisse plusieurs millions de dollars du géant brésilien du BTP Odebrecht, impliqué dans l'affaire Petrobras.

Il semble d'autre part, a dit la police, que João Santana ait touché des pots-de-vin en 2013 et 2014 de Zwi Skornicki, un intermédiaire qui selon le parquet brésilien représentait Keppel Fels, filiale brésilienne de l'équipementier pétrolier singapourien Keppel.

Selon des documents de justice, la police brésilienne enquête par ailleurs sur la possibilité de pots-de-vin, d'un montant de trois millions de dollars, qui auraient été versés par le conglomérat Odebrecht au président péruvien, Ollanta Humala.

Des documents saisis sur Marcelo Odebrecht, ancien patron du conglomérat, font état du "programme OH", ce qui selon la police fait référence aux initiales du président péruvien.

Dans un communiqué diffusé mardi, le président Humala dément avoir accepté des pots-de-vin et dit avoir convoqué l'ambassadeur du Brésil au siège de la présidence, lundi soir, pour lui demander des informations officielles sur cette enquête. (Pedro Fonseca; Eric Faye pour le service français)