Même face à Honeywell-UTX, Thales reste prudent en termes de M&A

mardi 23 février 2016 13h24
 

PARIS, 23 février (Reuters) - Thales préfère s'en tenir à des rachats ciblés d'entreprises plutôt que de se lancer dans un grand mouvement de fusions-acquisitions, a déclaré mardi son PDG Patrice Caine, au lendemain de l'annonce d'une tentative de méga-fusion aux Etats-Unis.

L'équipementier aérospatial américain United Technologies a indiqué lundi avoir discuté fusion avec son concurrent Honeywell International mais a estimé qu'un rapprochement se heurterait à des "obstacles réglementaires insurmontables".

"Il ne faut jamais dire jamais mais aujourd'hui il n'y a rien de particulier sur nos radars", a dit Patrice Caine lors d'une conférence de presse à l'occasion des résultats annuels de l'équipementier français pour l'aérospatiale, le transport et la défense.

"Le problème de ces opérations de très grande ampleur, c'est que le risque principal, finalement, n'est pas de créer de la valeur mais d'en détruire au contraire, notamment par défaut d'exécution", a-t-il ajouté.

Thales sait très bien intégrer des sociétés de quelques centaines millions d'euros mais rapprocher deux grandes entreprises dont les cultures et les méthodes de travail ne sont pas forcément les mêmes est "beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît", a poursuivi Patrice Caine.

Il a ajouté que le groupe n'avait pas "revisité" le scénario d'un rapprochement avec son concurrent français Safran, après des tentatives avortées par le passé.

Quant à monter au capital de DCNS, dont Thales détient 35%, la question ne se pose pas actuellement, a ajouté Patrice Caine, soulignant que le constructeur naval militaire avait encore "du boulot" à faire pour améliorer sa marge. (Cyril Altmeyer et Tim Hepher, édité par Dominique Rodriguez)