VimpelCom paie $795 mlns pour clore des enquêtes pour corruption

vendredi 19 février 2016 00h47
 

19 février (Reuters) - VimpelCom, opérateur télécoms basé à Amsterdam et coté sur le Nasdaq à New York, a annoncé jeudi qu'il verserait 795 millions de dollars (716 millions d'euros) pour mettre fin à des enquêtes des autorités américaines et néerlandaises sur des soupçons de corruption en Ouzbékistan.

Ce règlement, le deuxième plus important jamais négocié dans une affaire de corruption, a été annoncé par un tribunal fédéral à Manhattan devant lequel une filiale de VimpelCom a plaidé coupable.

Elle était accusée d'avoir versé 114 millions de dollars de dessous de table à "un(e) proche d'un haut responsable gouvernemental ouzbèke", en réalité la fille du président Islam Karimov, Goulnara Karimova, qui avait été identifiée précédemment comme étant au coeur de l'enquête.

Le département américain de la Justice a demandé au même moment la saisie de 550 millions de dollars sur des comptes en Suisse ayant servi au versement de pots-de-vins de VimpelCom et de deux autres sociétés.

Selon l'accusation, VimpelCom, l'opérateur nordique Teliasonera et l'opérateur d'Europe centrale Mobile TeleSystems ont versé au total plus de 800 millions de dollars à des sociétés écrans contrôlées par la fille du président pour pouvoir pénétrer le marché ouzbek.

Le règlement accepté par VimpelCom met fin à l'enquête du DoJ mais aussi à celles ouvertes aux Etats-Unis, dont une par la Securities and Exchange Commission (SEC) à Wall Street, et aux Pays-Bas.

Seul le groupe allemand Siemens a payé plus dans une affaire de ce genre, s'acquittant en 2008 d'un versement de 1,3 milliard de dollars pour mettre fin à des enquêtes pour corruption aux Etats-Unis et en Allemagne.

"L'entreprise regrette profondément ses actions et nous ferons en sorte que cela ne se reproduira plus jamais", a assuré Scott Dresser, le défenseur de Vimpelcom, en plaidant coupable au nom de la filiale ouzbèque Unitel.

Le réglement ne concerne que les personnes morales et des individus pourraient encore être inquiétés. Un suspect a déjà été arrêté en novembre aux Pays-Bas.

VimpelCom, qui compte pour principaux actionnaires la société LetterOne de l'oligarque russe Mikhail Fridman et l'opérateur norvégien Telenor, avait comptabilisé en novembre une provision de 900 millions de dollars en vue d'un règlement négocié. (Nate Raymond à New York et Anthony Deutsch à Amsterdam, Véronique Tison pour le service français)