GRAPHES -Le QE de la BCE, un bonus de 100 pb pour les périphériques

mercredi 17 février 2016 18h25
 

LONDRES, 17 février (Reuters) - Le programme d'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) a permis de limiter la remontée des rendements de la dette des pays périphériques au cours des récentes turbulences sur les marchés financiers par rapport à qu'elle aurait pu être au vu d'épisodes de tensions précédents.

Pour Martin van Vliet, responsable de la stratégie taux d'ING, une manière de quantifier l'impact du programme d'achats massifs d'actifs de la BCE sur la dette des pays périphérique consiste à comparer l'écart de rendement entre la dette d'Etat à dix ans de l'Italie et celle de l'Allemagne avec un indice de swaps de défaut de crédit du secteur bancaire comme l'indice iTraxx Senior Financials.

Cet indice, moyenne arithmétique de 30 CDS d'établissements financiers en catégorie d'investissement, a atteint la semaine dernière des niveaux qui ont correspondu dans le passé à un écart de rendement entre la dette d'Etat à dix ans de l'Italie et celle de l'Allemagne de 250 points de base.

Or cet écart n'a pas dépassé 150 points de base la semaine dernière, suggérant que le programme d'assouplissement quantitatif de la BCE représente un bonus de 100 points de base sur les rendements italiens à dix ans.

Graphique sur l'évolution de l'écart de rendement de la dette d'Etat à dix ans en Italie et en Allemagne et de l'indice iTraxx Senior Financials: tmsnrt.rs/1WptXEQ

Le programme d'assouplissement quantitatif de la BCE s'est traduit par une forte diminution de l'écart de rendement sur la dette d'Etat à 10 ans entre l'Allemagne d'une part et l'Espagne, l'Italie et le Portugal d'autre part, tombé à des plus bas de près cinq ans.

Les turbulences sur les marchés financiers, les inquiétudes sur les banques et les incertitudes politiques dans certains pays, comme le Portugal, ont entraîné un écartement des spreads.

Le programme d'assouplissement quantitatif de la BCE reste un puissant contre-feu pour les dettes des pays périphériques, y compris le Portugal, menacé de perdre sa dernière note en catégorie d'investissement, déterminante pour bénéficier du programme de la BCE.

L'agence de notation canadienne DBRS, seule à avoir maintenu le Portugal en catégorie investissement, a dit vendredi qu'elle s'inquiétait des conséquences de la récente hausse des rendements sur la dette du pays. Elle doit se prononcer sur sa note le 29 avril.

(Dhara Ranasinghe, graphique par Nigel Stephenson, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)