La croissance norvégienne à l'arrêt, baisse de taux en vue

mardi 16 février 2016 12h33
 

OSLO, 16 février (Reuters) - La Norvège, un temps l'une des économies les plus performantes d'Europe, a vu sa croissance subir un coup d'arrêt en 2015 et tomber à son plus bas niveau en six ans, ce qui laisse présager une baisse des taux d'intérêt par la banque centrale.

Premier producteur de pétrole et de gaz en Europe occidentale, la Norvège a été durement touchée par la chute de 70% du prix du brut depuis 2014.

Hors pétrole et transport maritime, la croissance a ralenti à 0,1% au dernier trimestre. Les chiffres du troisième trimestre ont été révisés à zéro au lieu d'une estimation préliminaire de 0,2% annoncée en novembre, a fait savoir mardi Statistics Norway, le bureau central des statistiques de Norvège.

Sur l'ensemble de 2015, la croissance est tombée à 1%, au plus bas depuis la crise financière de 2009, et en-deçà des prévisions de la banque centrale qui tablait sur +1,4%.

"La croissance sur le continent au dernier trimestre est conforme aux attentes mais la révision des chiffres antérieurs est clairement un élément négatif", commente Stein Brunn, économiste en chef de SEB Norway. "La croissance 2015 a été plus faible qu'attendu et les révisions dénotent un ralentissement à l'entame de 2016. Les chiffres du PIB renforce nos attentes d'une baisse des taux en mars."

La banque centrale, Norges Bank, avait estimé en décembre à plus de 50% la probabilité d'une baisse de son taux d'intérêt directeur lors de sa réunion monétaire du 17 mars prochain.

La confiance des consommateurs a reculé au premier trimestre à son niveau le plus bas en 24 ans, selon un rapport publié mardi par le lobby financier Finance Norway, décrivant des consommateurs plus soucieux d'épargner et moins dépensiers, en particulier pour les achats importants.

Son indice de confiance est descendu à -16,2 points au premier trimestre, en données ajustées des variations saisonnières, contre -12,4 points (révisé) au trimestre précédent. Il s'agit de son plus bas niveau depuis le quatrième trimestre 1992. (Terje Solsvik, Ole Petter Skonnord et Camilla Knudsen; Julie Carriat pour le service français, édité par Véronique Tison)