February 15, 2016 / 10:44 AM / a year ago

GRAPHES-Le yuan reste fragilisé par les sorties de capitaux

6 MINUTES DE LECTURE

* Les sorties de capitaux réduisent les réserves de change: bit.ly/1KQWJh4

* Elles reflètent la forte croissance de la masse monétaire: bit.ly/1XsHwo9

* Le yuan s'est apprécié de 25% à 30% depuis l'été 2011:

* bit.ly/1Vg71Yp

15 février (Reuters) - Les autorités chinoises ont rassuré sur le yuan mais l'ampleur des sorties de capitaux alimentées par une politique monétaire expansionniste fait toujours planer le risque d'une forte dépréciation de la devise chinoise.

La Banque populaire de Chine a fixé lundi un cours pivot du yuan au plus haut depuis près d'un mois, à 6,5118 yuans pour un dollar, contribuant à rétablir la confiance sur des marchés financiers internationaux en pleine tourmente depuis le début de l'année.

Cette initiative est intervenue au surlendemain de la publication par le magazine financier chinois Caixin d'un entretien avec le gouverneur de la banque centrale Zhou Xiaochuan, qui a estimé qu'il n'y avait aucune raison pour que le yuan continue de se déprécier.

Pourtant, les sorties de capitaux se poursuivent à un rythme soutenu. Les réserves de change chinoises ont diminué de plus de 510 milliards de dollars en 2015.

Graphique de l'évolution des réserves de change chinoises:

bit.ly/1KQWJh4

Compte tenu d'un excédent des paiements courants toujours élevé grâce à un excédent de la balance commerciale de plus de 500 milliards de dollars et des flux d'investissements directs nets de l'ordre de 100 milliards, les sorties de capitaux étaient proches de 1.000 milliards de dollars l'an dernier.

Le rythme s'est accéléré au cours des derniers mois. Entre nombre 2015 et janvier 2016, les réserves de change ont chuté d'environ 300 milliards de dollars tandis que l'excédent commercial a atteint près de 180 milliards.

Si les données sur la balance courante et les flux d'investissement directs ne sont pas connues pour cette période, les chiffres de la balance commerciales impliquent des sorties de capitaux à un rythme de 1.500 à 2.000 milliards de dollars en rythme annuel.

La Chine continue certes de disposer des plus importantes réserves de change du monde, à 3.200 milliards de dollars, mais au rythme actuel des sorties de capitaux elles n'apparaissent pas si confortables.

L'accélération de la fuite des capitaux peut s'expliquer par les inquiétudes des Chinois sur la capacité des autorités à prévenir une poursuite de la dépréciation de la devise, d'où les déclarations du gouverneur de la banque centrale et la fixation d'un cours pivot plus haut.

Elle reflète aussi l'abondance, voire l'excès de liquidités dans l'économie chinoise qui, ne pouvant s'investir sur place faute d'une croissance suffisante, se dirigent vers l'étranger.

Au cours des dernières années, la croissance nominale du produit intérieur brut et celle de la masse monétaire ralentissaient de manière synchronisée en Chine.

Depuis la fin 2014, la Chine a assoupli sa politique monétaire pour soutenir la croissance et la masse monétaire croît beaucoup plus rapidement que la croissance nominale.

Le PIB nominal chinois est proche de 11.000 milliards de dollars et a progressé de 6% l'année dernière. La masse monétaire M2 atteint environ 21.000 milliards de dollars et connaît une croissance à deux chiffres.

Graphique de l'évolution du PIB nominal et de la masse monétaire M2 en Chine:

bit.ly/1XsHwo9

Trois Options

Pour enrayer les sorties de capitaux, les autorités chinoises ont trois options, qui ne sont pas mutuellement exclusives mais pas plus attractives les unes que les autres.

Imposer un strict contrôle des capitaux et revenir notamment sur l'autorisation accordée aux Chinois de transférer l'équivalent de 50.000 dollars par an à l'étranger reviendrait à tourner le dos à la politique d'internationalisation du yuan, couronnée par son intégration dans le panier des devises des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international.

Resserrer drastiquement la politique monétaire, l'option généralement privilégiée par les pays confrontés à une fuite des capitaux, durcirait les conditions de crédit et aurait un impact négatif sur une économie en mal de croissance, sans parler des conséquences en termes de défaut pour les entreprises maintenues à flot par un crédit facile.

Déprécier fortement la devise pour renverser les anticipations, de la perspective d'une dépréciation à celle d'une appréciation, permettrait de corriger le renforcement de l'ordre de 25% à 30% enregistré depuis l'été 2011 par le taux de change du yuan pondéré des échanges extérieurs.

Graphique de l'évolution du taux de change pondéré du yuan:

bit.ly/1Vg71Yp

Une dépréciation de cette ampleur pourrait certes changer les anticipations sur le yuan mais elle relancerait les craintes de spirale déflationniste et de guerre des changes, qui ont contribué aux fortes turbulences sur les marchés depuis le début de cette année.

Sources :

* Thinking Macro: Overdone in some cases, but not necessarily over. Barclays. 12 février 2016.

* A turning point for the dollar? European Equity Strategy. Deutsche Bank. 9 février 2016.

* China. A tester of what lies in store for the Renminbi. Exane BNP Paribas. 11 janvier 2016.

Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez

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