12 février 2016 / 11:30 / il y a 2 ans

LEAD 1-France-Cosse réfute toute "trahison", tout "marchandage"

* Elle reste opposée à la déchéance de nationalité

* Elle ne veut pas "ruiner" l'avenir d'EELV

* Hollande ne lui a pas demandé de "se renier" (Actualisé avec autres déclarations)

PARIS, 12 février (Reuters) - L'écologiste Emmanuelle Cosse, dont l'entrée au gouvernement achève de plonger Europe Ecologie-Les Verts (EELV) dans la crise, a assuré vendredi n'avoir cédé à "aucun marchandage" et ne rien "renier" de son opposition à la déchéance de nationalité et au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Le débauchage de l'ex-secrétaire nationale d'EELV est dénoncée comme une "trahison" et une "désertion" par son parti qui accuse François Hollande d'avoir oeuvré à son implosion.

"Mon entrée au gouvernement s'est faite sans aucun marchandage, j'y viens avec mes convictions, mes engagements, des positions très fermes sur certains sujets", a déclaré Emmanuelle Cosse à l'issue de la passation de pouvoirs avec l'ex-ministre du Logement Sylvia Pinel.

Plus tôt dans la matinée, sur France Inter, la nouvelle ministre du Logement et de l'Habitat durable avait été interpellée sévèrement à l'antenne par un militant d'EELV, furieux d'une "haute trahison", "égoïste" et "stupide".

"A un moment, François Hollande m'a appelée, m'a dit qu'il voulait des écologistes dans ce gouvernement, qu'il connaissait mes positions, celles de mon parti, nos différends, y compris sur un sujet comme Notre-Dame-des Landes", a-t-elle expliqué.

François Hollande, qui lui aussi a nié avoir cédé à un "chantage" pour enrôler cette proche de l'ex-ministre Cécile Duflot, a annoncé jeudi l'organisation d'un référendum local sur le projet controversé d'aéroport.

"LES ÉCOLOGISTES DOIVENT ÊTRE UTILES"

La ministre a laissé entendre que l'idée du référendum n'était pas de son fait et qu'elle émanait "en partie des élus du département". Cette option était également portée "depuis plusieurs semaines dans pas mal de ministères", a-t-elle dit.

Elle a en outre réitéré son "opposition franche" à l'extension de la déchéance de la nationalité.

"Ma position sur ce sujet-là est connue depuis le 17 novembre, le président de la République et le Premier ministre la connaissent très bien. (...) Le président de la République ne m'a pas demandé de la renier", a-t-elle dit sur France Inter.

"Maintenant, c'est aux parlementaires de décider ou non s'ils vont au bout de ce projet", a-t-elle ajouté.

Elle a réaffirmé être favorable à une primaire à gauche en vue de l'élection présidentielle de 2017, estimant que l'écologiste Nicolas Hulot ferait "un très bon candidat".

"Je ne crois pas que François Hollande ait fait appel à moi uniquement pour que je me taise", a ajouté la nouvelle ministre.

Emmanuelle Cosse a dit "comprendre" les réactions de colère de son camp, tout en plaidant pour une écologie pragmatique.

"A un moment j'ai cru, et je crois, qu'aujourd'hui les écologistes doivent être utiles dans l'action, ils doivent être là où se font les arbitrages", a-t-elle dit. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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