11 février 2016 / 15:51 / il y a 2 ans

Cherchant une coalition, Rajoy se veut souple sur les déficits

par Blanca Rodríguez

MADRID, 11 février (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a fait jeudi un pas vers d'éventuels partenaires pour former une coalition et sortir de l'impasse née des législatives en annonçant vouloir demander à Bruxelles un peu de marge en matière d'objectifs de déficits budgétaires.

Les élections législatives du 20 décembre ont été remportées par le Parti populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy mais sans majorité absolue.

Mariano Rajoy n'ayant pu former de gouvernement, c'est au socialiste Petro Sanchez de s'y essayer.

Dans l'intervalle, Mario Rajoy et son gouvernement expédient les affaires courantes et n'excluent pas de former malgré tout un gouvernement de coalition.

Jeudi, Mariano Rajoy s'est départi de son énergie habituelle à défendre l'objectif d'un déficit de 2,8% du produit intérieur brut pour 2016 voulu par l'UE, estimant que cela pourrait satisfaire tant le PSOE de Pedro Sanchez que les libéraux de Ciudadanos.

"L'Espagne doit suivre la feuille de route pour la stabilité négociée avec l'Union européenne, mais elle pourrait aussi utiliser la souplesse permise par le droit européen", a déclaré Mariano Rajoy lors d'une conférence de presse.

Ciudadanos, qui est ouvert à une coalition avec le PP et le PSOE, s'est dit la semaine dernière favorable à un report d'un an ou deux des objectifs à atteindre en matière de déficit.

Pendant la campagne électorale, Pedro Sanchez avait fait savoir qu'il contesterait les objectifs de déficit s'il était élu.

A l'inverse, le commissaire européen à l'Economie, Pierre Moscovici, a déclaré la semaine dernière que l'Espagne devait respecter l'objectif malgré des dernières prévisions de la Commission européenne prévoyant un déficit à 3,6% du PIB cette année.

Déjà pour 2015, il se pourrait que l'objectif prévu de 4,2% soit finalement de 4,8%, selon la CE.

Dans les colonnes du Wall Street Journal de jeudi, le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, affirme que l'Espagne s'en tiendra à ses objectifs grâce à la reprise économique et que le déficit de 2016 pourra être ramené sous la barre des 3% de la richesse créée. (Blanca Rodriguez; Danielle Rouquié pour le service français)

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