February 11, 2016 / 10:40 AM / in a year

BOURSE-Les banques européennes rechutent, au plus bas depuis 2012

4 MINUTES DE LECTURE

(Répétition avec conversion §6)

LONDRES/PARIS, 11 février (Reuters) - Les valeurs bancaires européennes rechutent lourdement jeudi en Bourse, effaçant la totalité du rebond amorcé la veille, en raisons des craintes persistantes de dégradation de leur rentabilité et de leur solvabilité face à la détérioration des perspectives de croissance.

L'indice Stoxx du secteur perd près de 6% et il a touché son plus bas niveau depuis août 2012.

Les résultats inférieurs aux attentes de la Société générale , qui n'a en outre pas confirmé son objectif de rentabilité des fonds propres pour 2016, sont venus s'ajouter à un contexte général déjà très défavorable.

L'action de la banque française chute de plus de 14%, ce qui équivaut à une perte de capitalisation boursière de plus de deux milliards d'euros.

Credit Suisse, en repli de 8,71%, a quant à elle inscrit un plus bas de 25 ans. La valeur boursière de la deuxième banque helvétique a été divisée par deux depuis octobre.

Au total, la capitalisation cumulée des banques européennes a fondu de près de 400 milliards de dollars (354 milliards d'euros) depuis la fin de l'année dernière.

Le mouvement de défiance des investisseurs vis-à-vis du secteur, limité début janvier aux valeurs italiennes, s'est peu à peu propagé à l'ensemble du compartiment, y compris à des poids lourds comme Credit Suisse ou Deutsche Bank, en raison des craintes sur leurs marges et sur leur exposition au secteur de l'énergie, dont la qualité de crédit se détériore rapidement.

A Francfort, Deutsche Bank, déjà chahutée lundi et mardi avant de rebondir mercredi, abandonne 6,38%.

Le Rebond De Deutsche Bank effacé

"Le risque de crédit pesant sur les valeurs bancaires à cause du pétrole ne faisant qu'augmenter, le sentiment d'aversion au risque sur les marchés progresse en raison de la crainte d'un risque systémique imminent à l'instar de celui causé par la faillite de Lehman Brothers en 2008", explique Sylvain Loganadin, analyste de FXCM.

"Deutsche Bank pourrait devenir le Lehman Brothers européen en cas de faillite et pourrait être l'épicentre de la prochaine crise économique à venir", ajoute-t-il.

A Londres, HSBC et Standard Chartered abandonnent respectivement 4,3% et 6,3% tandis que l'indice des banques britanniques recule de 4,4%, au plus bas depuis 2009. Les deux groupes, très présents en Asie, sont pénalisés par le recul de près de 4% de la Bourse de Hong Kong sur la journée.

En Suède, Svenska Handelsbanken, Swedbank et Nordea Bank décrochent de 2,6% à 4,2% après la décision de la Riksbank, la banque centrale suédoise, d'abaisser son taux directeur de 15 points de base, à -0,50%.

Les taux négatifs pratiqués désormais par plusieurs des grandes banques centrales pèsent sur la rentabilité des établissements de crédit.

A Athènes, la chute des valeurs bancaires, très volatiles, atteint 16,5%.

Les inquiétudes des investisseurs sur le secteur se manifeste aussi par une hausse des "credit default swaps" (CDS), des instruments dérivés utilisés comme assurance contre un risque de défaut d'un émetteur: l'indice ITraxx Senior Financials bondit de 34%.

Dans ce contexte très nerveux, Natixis se distingue avec un gain de 3,56% au lendemain de l'annonce de résultats et d'un dividende meilleurs qu'attendu.

Atul Prakash, avec Alexandre Boksenbaum-Granier à Paris,; Marc Angrand pour le service français

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