10 février 2016 / 13:35 / il y a 2 ans

France-Vers un léger rebond des emprunts des collectivités

* Les collectivités françaises ont réduit leurs emprunts en 2015

* Un niveau de dette qui reste modéré au niveau international

* Une baisse des investissements qui se poursuit

PARIS, 10 février (Reuters) - Le recours à l‘emprunt des collectivités locales françaises devrait légèrement progresser cette année, autour de 17,5 milliards d‘euros, à la faveur d‘une épargne brute un peu moins dégradée qu‘anticipé, estime Standard & Poor‘s.

Il augmenterait encore à environ 19 milliards en 2017, prévoit l‘agence de notation dans une étude publiée mercredi.

Elle constate que les collectivités françaises ont emprunté l‘an passé 16,7 milliards d‘euros, sensiblement moins que le montant de 18 milliards attendu à l‘origine et qui était celui de 2014.

Selon S&P, les hausses attendues cette année et l‘an prochain seraient dues pour l‘essentiel au bloc communal (municipalités et intercommunalités), qui emprunterait 9,5 milliards en 2016 puis 11 milliards en 2017 contre neuf milliards en 2015.

Avec des tombées annuelles d‘emprunts qui devraient rester stables autour de 13 à 14 milliards d‘euros sur la période, l‘encours de dettes des collectivités françaises continuerait dès lors sa progression graduelle pour s‘inscrire à 154-155 milliards fin 2017.

Il représenterait alors 80% de leurs recettes de fonctionnement, contre 74% fin 2015, un niveau qui, par comparaison internationale, “resterait modéré”, indique S&P.

En raison de la poursuite de la baisse des dotations de l‘Etat, S&P anticipe des baisses des recettes de fonctionnement des collectivités locales françaises de l‘ordre de 0,3% cette année puis 0,4% l‘an prochain, alors qu‘elles ont augmenté de 1,2% sur la période 2012-2015 et de 3,6% entre 2008 et 2011.

LA CHUTE DES INVESTISSEMENTS SE POURSUIT

Cette prévision se fonde sur une hausse de 1% par an en moyenne de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, une des principales taxes perçues par les collectivités, et une “utilisation modérée” du levier fiscal.

Parallèlement, les exécutifs locaux poursuivraient leurs efforts sur les dépenses de fonctionnement, dont la progression serait proche de 1,5%, contre 2% estimé en 2015.

Dès lors, la pression sur l‘épargne brute des collectivités, la différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement, devrait s‘accentuer pour passer sous 10% du total des recettes en 2017, soit trois points de moins qu‘en 2015 et sept de moins par rapport au début de la décennie.

Mais S&P s‘attend parallèlement à une aggravation de la baisse de leurs investissements qui devrait se poursuivre en 2016 au même rythme que ces deux dernières années (-6%) avant de ralentir en 2017 (-3,5%).

Cette baisse permettra de limiter les tensions financières, plus sensibles au niveau de certains départements, l‘échelon territorial pour lequel l‘effet de ciseau budgétaire est le plus prononcé.

L‘agence de notation anticipe enfin le maintien de conditions de financement favorables, avec sans doute un recours un peu plus fort (15% contre 12% en 2015) au marché obligataire maintenant que les obligations émises par les collectivités locales sont éligibles au programme de rachats d‘actifs de la Banque centrale européenne. (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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