Une pétition pour faire évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

jeudi 4 février 2016 16h47
 

NANTES, 4 février (Reuters) - Le président du conseil régional des Pays de la Loire a lancé jeudi une pétition sur le site internet de la région pour « exiger l'évacuation de la ZAD » de Notre-Dame-des-Landes et faire cesser la « cacophonie » gouvernementale sur le sujet.

Bruno Retailleau (Les Républicains), qui a succédé en décembre au socialiste Jacques Auxiette, a pris cette initiative après que Ségolène Royal eut exclu tout recours à la force.

La ministre de l'Ecologie a également mandaté son administration pour étudier sous deux mois les projets « alternatifs ou complémentaires » à la construction de cet aéroport, en dépit de la « détermination » affichée par Manuel Valls pour faire aboutir ce projet controversé.

"Toute cette cacophonie ne peut plus durer, le président de la République ne peut pas tolérer plus longtemps que son Premier ministre soit en permanence recadré par l'une de ses ministres", souligne Bruno Retailleau, par ailleurs président du groupe LR au Sénat.

"Ségolène Royal bafoue l'autorité de Manuel Valls, mais elle bafoue aussi l'autorité de l'État », ajoute-t-il. « Cette attitude est insupportable de la part d'une ministre qui se range clairement du côté des zadistes ultra-violents plutôt que du côté des riverains qui sont leurs victimes. »

Bruno Retailleau entend avec cette pétition « donner la parole à tous les citoyens, qu'ils soient favorables ou opposés à l'aéroport, mais qui sont pour le respect de l'Etat de droit ».

La région entend promouvoir cette pétition via une campagne publicitaire dans la presse régionale et sur les réseaux sociaux.

Cette initiative intervient alors qu'entre 7.000 et 20.000 personnes, selon les sources, ont manifesté le 9 janvier sur le périphérique de Nantes pour s'opposer aux expulsions des familles et agriculteurs qui refusent de quitter la ZAD ("zone à défendre") malgré les indemnités proposées.

Le juge de l'expropriation a donné le 25 janvier deux mois à ces opposants historiques au projet d'aéroport pour évacuer leurs habitations et leurs exploitations agricoles.

Ce délai contraint Aéroports du Grand Ouest (AGO), la filiale du groupe Vinci concessionnaire du projet d'aéroport, à n'entamer le défrichage du site qu'à l'automne en raison des impératifs imposés par la loi sur l'eau et le respect des espèces protégées. (Guillaume Frouin, édité par Sophie Louet)