La BoE abaisse ses prévisions de croissance, unanimité sur le statu quo

jeudi 4 février 2016 13h23
 

par David Milliken et Ana Nicolaci da Costa

LONDRES, 4 février (Reuters) - La Banque d'Angleterre a revu en baisse jeudi ses prévisions de croissance et l'unique membre de son comité de politique monétaire qui avait soutenu le principe d'une hausse des taux ces derniers mois est contre toute attente revenu sur sa position.

Les déconvenues des marchés pétrolier et boursier et les risques importants apparus dans les économies émergents affectent les perspectives internationales mais une demande intérieure résistante devrait faire en sorte que la croissance britannique reste proche de sa moyenne à long terme, estime la banque centrale.

La Banque d'Angleterre (BoE) a donc dit que la totalité de ses neufs membres avaient voté le maintien de son taux d'intervention à un plus bas record de 0,5%, dont il n'a plus bougé depuis près de sept ans.

Ian McCafferty, partisan d'un durcissement monétaire depuis août, a renoncé à son opinion.

"Une période d'inflation basse plus prolongée laisse penser que l'accélération du rythme des hausses salariales sera dans un premier temps moins sensible qu'on ne le pensait jusqu'alors", dit-il, dans le compte rendu de la réunion.

L'institut d'émission pense toujours que le scénario le plus probable est que les taux d'intérêt augmentent progressivement sur les trois ans à venir mais elle ne semble pas pressée de suivre l'exemple de la Réserve fédérale américaine, qui a durci sa politique monétaire en décembre, juste avant le dernier coup de tabac sur les marchés.

La BoE projette dorénavant une croissance de 2,2% cette année, alors qu'elle anticipait 2,5% en novembre, de 2,3% en 2017 (2,6% en novembre) et de 2,4% en 2018 (2,5%). Cela représenterait le profil de croissance le plus bas depuis près de trois ans.

L'inflation mesurée par les prix de détail devrait rester inférieure à 1% tout au long de 2016, selon la BoE, ce qui est plus long que ce qu'elle projetait précédemment, avant de remonter à un petit peu plus de 2% en l'espace de deux ans, sans changement sur sa prévision antérieure. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)