Tusk va informer Cameron des risques pesant sur l'accord UE-Londres

mercredi 3 février 2016 23h50
 

BRUXELLES, 3 février (Reuters) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, devrait prévenir David Cameron que la clause sur le gel des prestations sociales pour les migrants européens qui figure dans le projet d'accord entre l'UE et Londres pourrait être menacée si d'autres Etats membres demandent eux aussi à en bénéficier, a-t-on appris mercredi soir auprès d'un responsable européen.

Tusk est attendu jeudi à Londres pour une conférence des pays donateurs sur l'aide humanitaire à la Syrie. Il y a rencontrera le Premier ministre britannique. Il devrait aussi voir la chancelière allemande Angela Merkel et d'autres dirigeants européens en marge de cette conférence.

"L'un des messages que Tusk fera passer je l'espère à Cameron c'est qu'au sujet des prestations sociales, le risque ne vient pas seulement des inquiétudes des pays d'Europe centrale au sujet de leurs compatriotes vivant en Grande-Bretagne mais aussi de pays qui sont peut-être dans une situation similaire à celle de la Grande-Bretagne, qui reçoivent aussi d'autres travailleurs de pays européens et qui pourraient être tentés d'obtenir des solutions similaires", a dit ce responsable de l'UE.

Le pré-accord négocié par Cameron et Tusk prévoit un mécanisme de sauvegarde que la Grande-Bretagne pourra mettre en oeuvre pour geler les prestations sociales pour les migrants venus de pays membres de l'UE, notamment la Pologne.

Si d'autres pays réclamaient la même clause, a ajouté ce responsable, "cela ferait dérailler l'accord avec la Grande-Bretagne parce que l'hypothèse, c'est qu'il s'agit d'une proposition faite pour le Royaume-Uni uniquement".

L'accord, qui va à présent être discuté par les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit lors du prochain conseil européen, les 18 et 19 février, lie aussi le montant des allocations familiales au coût de la vie dans le pays où résident les enfants des travailleurs concernés.

Si l'accord est entériné par les 27 partenaires européens de Londres, ce qui est loin d'être évident, disent des responsables européens, David Cameron a promis de faire campagne en faveur du "oui" lors d'un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE qui pourrait se tenir dès le mois de juin.

Mais il a été interpellé mercredi par plusieurs députés de son Parti conservateur qui lui ont reproché d'avoir trop cédé tandis que la presse eurosceptique l'a accusé d'être un illusionniste ayant "vendu les intérêts du pays".

Cameron, qui s'exprimait devant la Chambre des communes, a indiqué qu'il chercherait à affirmer la prééminence de la souveraineté du Parlement britannique sur les lois européennes.

"J'ai hâte d'en faire encore plus pour qu'il n'y ait aucun doute sur le fait que la Chambre des communes est souveraine. Nous chercherons à faire cela en même temps que nous conclurons ces négociations", a-t-il dit. (Jan Strupczewski avec Guy Faulconbridge à Londres; Henri-Pierre André pour le service français)