Athènes discute avec ses créanciers sur fond de grève jeudi

mercredi 3 février 2016 19h48
 

ATHENES, 3 février (Reuters) - La Grèce se prépare à une journée de grève nationale jeudi contre la réforme des retraites au moment même où les créanciers internationaux du pays sont à Athènes pour établir un premier bilan, crucial, des mesures mises en place par le gouvernement d'Alexis Tsipras.

Dans le cadre de l'accord conclu en juillet 2015 sur une aide totale de 86 milliards d'euros, la Grèce doit adopter une vaste réforme des retraites ayant pour objectif de dégager 1,8 milliard d'euros d'économies, l'équivalent de 1% de son produit intérieur brut.

Le pays doit en outre mettre en oeuvre des hausses d'impôts de 350 millions d'euros pour parvenir à l'objectif d'un excédent primaire de 0,5% du PIB.

Les discussions entre Athènes et ses créanciers portent sur une première vérification du respect de ses engagements par le gouvernement grec, qui tente de convaincre ses interlocuteurs de la nécessité d'un réaménagement de la dette du pays.

Le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, a exclu toute décote mais a présenté comme des options envisageables un rééchelonnement et un report des intérêts.

Ces discussions se déroulent dans un climat de tension sociale avec un appel à une grève nationale lancé pour jeudi par les syndicats du privé comme du public.

Des agriculteurs ont commencé dès mercredi à établir des barrages routiers près de la frontière bulgare pour protester contre le projet du gouvernement d'augmenter les cotisations pour la sécurité sociale.

Les agriculteurs devraient être en première ligne dans les nombreuses manifestations prévues jeudi, dont une dans le centre d'Athènes.

(Michele Kambas; Véronique Tison et Patrick Vignal pour le service français)