LEAD 1-ChemChina est sur le point de racheter Syngenta-sources

mardi 2 février 2016 14h57
 

(Actualisé avec du contexte)

par Arno Schuetze et Pamela Barbaglia

FRANCFORT/LONDRES, 2 février (Reuters) - Le groupe public chinois ChemChina est sur le point de conclure le rachat du chimiste suisse Syngenta pour 43 milliards de francs (38,6 milliards d'euros), ont dit mardi à Reuters deux sources proches du dossier.

L'accord, conclu à un prix d'environ 470 francs suisses (421,5 euros) par action, sera sans doute annoncé mercredi à l'occasion de la publication des comptes annuels de Syngenta, ont ajouté les sources, l'une d'elles précisant que des ajustements mineurs au prix étaient encore en discussion.

L'offre représente une prime de 24% sur le cours de clôture de Syngenta de lundi, soit 378,40 francs. L'action gagnait 5,73% à 400,10 francs en Bourse de Zurich en début d'après-midi. Le titre coté à New York prenait 5,5% en avant-Bourse.

Syngenta s'est abstenu de tout commentaire. ChemChina n'était pas disponible dans l'immédiat.

Bloomberg s'était auparavant fait l'écho d'un accord imminent à 43,7 milliards de francs.

Le segment des semences et de l'agrochimie, sur lequel est présent Syngenta, connaît actuellement des bouleversements, le projet de fusion de 130 milliards de dollars annoncé en décembre par Dow Chemical et DuPont ayant pour but de réorganiser les activités des deux chimistes autour de trois grands pôles, dont l'agrochimie.

Michel Demaré, le président de Syngenta, avait dit en décembre que le chimiste discutait avec Monsanto, ChemChina et d'autres. Il avait ajouté que son groupe, qui a repoussé une offre de Monsanto en 2015, envisageait des acquisitions, des coentreprises ou des cessions d'actifs.

Un groupe d'actionnaires du suisse a fait part ce mois-ci de son opposition à toute vente à ChemChina et réclamé le départ de la direction actuelle.

Le rachat de Syngenta par ChemChina s'inscrirait dans la politique de développement de la productivité agricole suivie par Pékin. Le gouvernement chinois, confronté à la croissance de la population et à la hausse de la consommation de viande, veut également réduire la dépendance aux importations alimentaires d'un pays dont les terres arables sont en disponibilité limitée. (Arno Schütze et Pamela Barbaglia, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)