Bertrand exhorte Hollande à venir à Calais "pour se rendre compte"

lundi 25 janvier 2016 14h01
 

CALAIS, 25 janvier (Reuters) - Le président de la région du grand Nord, Xavier Bertrand, a exhorté lundi François Hollande à se déplacer en personne à Calais, avec ses ministres, pour comprendre la situation dans la ville, où la tension est forte en raison de la présence de milliers de migrants dans un bidonville.

"J'en appelle au président de la République pour qu'il vienne lui-même se rendre compte de la situation à Calais", a-t-il dit après une réunion avec la maire de la ville, Natacha Bouchart, et le directeur du port, Jean-Marc Puissesseau.

"Je vois l'exaspération qui monte et ce ne sont pas seulement des mots. Je redoute qu'à un moment ou à un autre on ait des affrontements", a-t-il ajouté.

Xavier Bertrand a également demandé l'organisation à Calais d'un conseil des ministres et d'un Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement, tout en reformulant sa requête de l'envoi de l'armée pour éviter les violences.

"Le chef de l'Etat est chef des armées, je pense qu'il n'y a que l'armée pour venir sécuriser en plus les sites qu'on a besoin de sécuriser ici à Calais", a-t-il dit.

Sans attendre, il a annoncé que la région qu'il préside installerait une antenne à Calais avant la fin février.

Xavier Bertrand s'exprimait au lendemain d'un week-end de tension dans la ville entre habitants et migrants, dont quatre à six mille vivent dans un bidonville dans l'espoir de passer au Royaume-Uni par tous les moyens.

Samedi soir, des migrants et militants avaient réussi à pénétrer sur le port et pour certains à monter à bord d'un ferry avant d'en être délogés. Dimanche, environ 2.000 habitants, commerçants, élus se sont rassemblés pour demander à l'Etat "une solution pour Calais".

Des migrants et des militants devaient comparaître devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-mer ce lundi après-midi, notamment pour avoir monté à bord du ferry.

"Il faut une réponse judiciaire beaucoup plus forte. Que ceux qui s'en prennent aux installations aujourd'hui comprennent bien qu'il n'y a pas d'impunité", a dit Xavier Bertrand.

(Pierre Savary, avec Juliet Carriat, édité par Yves Clarisse)