EDF vise deux EPR de plus en France à l'horizon 2030-document

jeudi 21 janvier 2016 18h23
 

PARIS, 21 janvier (Reuters) - EDF ambitionne de mettre en service deux réacteurs nucléaires de type EPR "nouveau modèle" en France à l'horizon 2030 et prévoit de les bâtir avec des partenaires, selon un document interne au groupe obtenu par Reuters.

Quatre réacteurs EPR sont aujourd'hui en construction dans le monde : un en France à Flamanville (Manche) et un en Finlande (OL3), qui connaissent d'importants retards et surcoûts ; et deux en Chine, à Taishan.

EDF, qui projette en outre jusqu'à quatre EPR en Angleterre, négocie actuellement le rachat de l'activité d'Areva en charge de construire le réacteur et travaille avec le groupe nucléaire à l'élaboration d'un EPR "nouveau modèle" (NM) moins coûteux.

"L'objectif d'EDF est de mettre en service une paire d'EPR NM (financés à 51% par EDF) en France à l'horizon 2030, ouvrant ainsi la voie au renouvellement du parc existant", a indiqué le groupe dans un document présenté jeudi lors d'un comité central d'entreprise, au cours duquel il dit vouloir supprimer jusqu'à 4.200 postes en France en trois ans.

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, avait indiqué en octobre qu'il prévoyait "plusieurs dizaines" d'EPR NM en France à l'horizon 2050 et que des partenaires pourraient être associés au renouvellement du parc français.

Toujours selon le document obtenu par Reuters, l'électricien prévoit au total de mettre en service jusqu'à dix EPR d'ici 2030 en France, au Royaume-Uni et à l'international.

Dans un autre document présenté au CCE, EDF a indiqué qu'il devrait engager cette année des négociations avec l'Etat français en vue d'obtenir une indemnisation liée à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), prévue pour la fin 2018 au moment de la mise en service de l'EPR de Flamanville.

"En 2015, une réflexion a été engagée afin de déterminer l'indemnisation qu'EDF demandera à l'Etat, dans le cadre de la fermeture anticipée de Fessenheim. Il s'agit bien, à l'horizon fin 2018, d'une fermeture anticipée, puisque les réacteurs n'auront pas atteint les 40 ans de fonctionnement et que nous avions prévu de les mener jusqu'à 50 ans au moins", a souligné EDF dans le document.

"En 2016, les négociations entre EDF et l'Etat sur cette indemnisation doivent s'engager. Lorsqu'elles auront abouti le conseil d'administration d'EDF sera à même de se prononcer sur le principe de fermeture de la centrale de Fessenheim."

Une porte-parole d'EDF n'a pas souhaité commenter ces informations. L'Etat français détient près de 85% de la société. (Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)