Plus aucun migrant ne passe sous la Manche, assure Eurotunnel

jeudi 21 janvier 2016 15h33
 

PARIS, 21 janvier (Reuters) - Plus aucun migrant ne passe en Grande-Bretagne de façon clandestine par le tunnel sous la Manche depuis fin octobre et la mise en place de mesures de sécurité, déclare le PDG d'Eurotunnel dans une interview publiée jeudi.

"Globalement, le flux de ceux qui tentent de passer se tarit", souligne Jacques Gounon dans les colonnes du Monde. "Dans les camions, on n'en trouve plus que 10 à 30 par nuit. Ils se rendent compte que leurs efforts sont voués à l'échec".

"Ceux qui découpent les grillages sont arrêtés par les gendarmes. Ceux qui se cachent dans les camions sont repérés", poursuit-il. "Certains conducteurs avertissent les gendarmes de leur présence. On les retrouve aussi grâce aux détecteurs de battements de coeur ou de CO2. Dans tous les cas, ils sont ramenés à la jungle de Calais".

Le site d'Eurotunnel, qui s'étend sur 660 hectares, a fait l'objet cet été de nombreuses tentatives d'intrusion - avec un pic de plus de 2.000 en une seule nuit fin juillet- de migrants cherchant à rejoindre le Royaume-Uni encore perçu comme un eldorado.

Au total, dix migrants ont trouvé la mort sur le site de Coquelles (Nord-Pas-de-Calais), selon Eurotunnel. Le gouvernement avait annoncé en juillet à la suite d'un nouveau décès le déploiement d'effectifs supplémentaires pour sécuriser les accès du site.

L'entreprise avait pour sa part mis en place une série de mesures pour faire face à l'afflux de migrants.

"Nous avons érigé des grillages sur les 40 kilomètres de périphérie du tunnel et inondé certains terrains", souligne le PDG d'Eurotunnel. "Cela représente plusieurs dizaines de millions d'euros de travaux, financés par la Grande-Bretagne".

La "jungle" de Calais abrite actuellement environ 4.000 migrants, selon les chiffres de la préfecture.

A 40 kilomètres de là, à Grande-Synthe, dans la banlieue de Dunkerque, environ 2.500 migrants sont actuellement regroupés dans des conditions sanitaires encore pires qu'à Calais, sur un terrain vague boueux. (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)