France-Accueil en demi-teinte pour le plan emploi de Hollande

lundi 18 janvier 2016 13h53
 

PARIS, 18 janvier (Reuters) - Syndicats et patronat ont réservé lundi un accueil mitigé aux mesures pour l'emploi présentées par François Hollande, qui a notamment annoncé une nouvelle prime à l'embauche et des dispositions en faveur de la formation.

Le président français a présenté devant le Conseil économique, social et environnemental son plan pour l'emploi, l'un de ses derniers leviers pour parvenir à faire baisser le chômage avant l'élection présidentielle de 2017.

"On va vers un libéralisme exacerbé" et une "remise en cause du code du travail", a déclaré sur iTELE Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, en ajoutant que le gouvernement privilégiait "les annonces" et "la communication" au détriment du dialogue social.

Il a estimé sur RTL que ce projet revenait à "quitter (...) le modèle républicain" dans le domaine social.

Il a notamment qualifié d'"erreur" le projet de plafonner les indemnités prud'homales et a reproché au président de la République de "laisser entendre que la durée d'indemnisation des chômeurs est trop longue."

"Laisser penser que les chômeurs sont des privilégiés ou seraient des fainéants, c'est une honte", a également estimé son homologue de la CGT, Philippe Martinez, sur iTELE.

Evoquant les discussions à venir sur la convention d'assurance chômage, François Hollande a précisé dans son discours qu'"en France la durée d'indemnisation est la plus longue d'Europe mais la durée de formation des chômeurs est la plus courte."

"C'est ce qu'il faut changer", a ajouté le président de la République en appelant les partenaires sociaux à "tout faire pour que le retour vers l'emploi soit encouragé".

De son côté, le président du Medef a observé sur iTELE que le plan de François Hollande allait "dans le bon sens" même s'il a déploré l'absence de mesures portant sur la modification du contrat de travail.

Pierre Gattaz a également réaffirmé que les chefs d'entreprises auraient préféré que le gouvernement propose des allègements de charges pérennes plutôt qu'une prime à l'embauche.

"Il faut maintenant mettre toutes ces mesures dans la loi et le plus rapidement possible", a ajouté le président de l'organisation patronale. (Myriam Rivet et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)