Orange/Bouygues-Le président de l'Arcep énonce ses lignes rouges

dimanche 17 janvier 2016 20h01
 

PARIS, 17 janvier (Reuters) - Le président du régulateur français des télécoms Sébastien Soriano prévient qu'il y a des "lignes rouges" à ne pas franchir en cas de rapprochement entre Orange et Bouygues dans un entretien à paraître lundi dans les Echos.

Après un premier échec en 2014, Bouygues et Orange ont officialisé au début du mois la reprise de leurs discussions en vue d'un mariage qui ramènerait à trois le nombre d'opérateurs sur le marché français des télécoms.

Plusieurs sources ont dit à Reuters que le projet avait franchi une nouvelle étape avec le lancement de discussions informelles entre l'opérateur historique et ses rivaux Iliad et Numericable-SFR auxquels il espère revendre des actifs en vue d'obtenir le feu vert des autorités de concurrence.

L'opération, qui donnerait naissance à un géant contrôlant plus de 50% de parts de marché dans le mobile et dans le fixe, serait une première en Europe où aucun opérateur historique dominant n'a encore conduit une consolidation de son marché, ce qui ne devrait pas manquer de susciter des réticences auprès des régulateurs.

"Je trace des lignes rouges. Il ne faut pas que cette transaction, si elle se fait, résulte en un renforcement de la position d'Orange, particulièrement sur les marchés où il est leader", explique le président de l'Arcep dans l'entretien.

"Attention à ne pas revenir en arrière dans l'ouverture à la concurrence du secteur. Les acquis pour les consommateurs restent fragiles".

L'Arcep serait amenée à donner son avis sur l'opération dans le cas où Orange et Bouygues parviendraient à un accord dont le juge de paix sera l'Autorité de la concurrence.

Il n'a pas encore été établi qui de la Commission européenne ou de l'Autorité française de la concurrence examinerait le dossier mais le scénario d'un examen à Paris apparaît comme le plus probable.

"Nous serons particulièrement attentifs aux marchés où la concurrence est encore limitée, notamment auprès de la clientèle des entreprises et dans les zones rurales", a détaillé le président de l'Arcep.

"Par ailleurs, l'Arcep a un pouvoir direct de véto sur la question des fréquences utilisées par les opérateurs. Nous pouvons nous opposer à leur transfert entre opérateurs si l'on juge que cela perturbe l'équilibre concurrentiel", a-t-il ajouté. (Gwénaëlle Barzic, édité par Sophie Louet)