LEAD 1-Rome affiche ouvertement ses désaccords avec Bruxelles

vendredi 15 janvier 2016 20h22
 

(Actualisé, nouvelle déclaration de Renzi, §5)

par Crispian Balmer

ROME/BRUXELLES, 15 janvier (Reuters) - Autrefois grands partisans de l'Union européenne, les Italiens semblent désormais moins enthousiastes, comme en témoignent les dernières attaques de leur président du Conseil, Matteo Renzi.

Celui-ci s'en est pris le mois dernier aux règles européennes et à la rigidité dont Bruxelles peut faire preuve, prophétisant une désintégration du bloc communautaire sans réforme de ce dernier.

Vendredi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait reproché au dirigeant italien de trop critiquer l'exécutif européen.

"Je pense que le président du Conseil italien (...) a tort de critiquer la Commission à tous les coins de rue", a déclaré Juncker, laissant entendre que les propos de Matteo Renzi s'inscrivaient dans une "pièce de théâtre interne" à l'Italie.

"Nous ne nous laisserons pas intimider par des slogans", a répondu Matteo Renzi dans un entretien à la chaîne de télévision Canale 5 qui devait être diffusé vendredi soir. "L'Italie mérite le respect", a-t-il ajouté.

Selon certains observateurs, le "tir de barrage" de Renzi est destiné à détourner la rancoeur des Italiens qui restent confrontés à une conjoncture économique difficile.

Les doléances de Rome à l'encontre de Bruxelles couvrent un large éventail de sujets, qu'il s'agisse de la mollesse de la réponse européenne à la crise des migrants, du dogme de la rigueur budgétaire, des nouvelles règles destinées à améliorer la stabilité financière de la zone euro ou encore de la politique énergétique de l'Union.   Suite...