Brésil-Vers des inculpations criminelles dans le dossier Samarco

jeudi 14 janvier 2016 00h03
 

SAO PAULO, 13 janvier (Reuters) - La police fédérale brésilienne a informé la compagnie minière Samarco Mineraçao que certains de ses dirigeants étaient accusés de faits criminels dans l'enquête sur la rupture d'un barrage qui a tué 17 personnes en novembre, a déclaré mercredi un représentant de l'entreprise.

Le site d'information brésilien G1 a rapporté que le groupe minier Vale, co-actionnaire de Samarco avec BHP Billiton , le directeur général de Samarco, Ricardo Vescovi, et un cabinet de conseil qui avait inspecté le barrage étaient eux aussi accusés de crimes, sans plus de précision.

La police fédérale n'a pas pu être jointe dans l'immédiat pour commenter ces informations.

Au Brésil, seul le parquet, et non la police, peut prononcer des inculpations et ouvrir une procédure judiciaire, mais les accusations de la police pourraient être le signe de l'imminence de telles décisions.

Dans un communiqué, Vale s'est déclaré surpris par l'évocation de ces accusations et ajouté qu'il prouverait qu'il n'était pas responsable du drame.

Vale et Samarco sont déjà visés par des plaintes au civil mais aucun de leurs dirigeants n'a été mis en cause pour l'instant dans l'enquête sur ce que la gouvernement brésilien considère comme la pire catastrophe environnementale de l'histoire du pays.

La rupture du barrage a en effet libéré quelque 60 millions de mètres cubes de boues et de déchets miniers qui ont dévasté un village entier et pollué le Rio Doce, l'un des principaux fleuves du pays.

Brasilia réclament près de cinq milliards d'euros de dommages et intérêts à BHP Billiton et Vale pour financer la réparation des dégâts écologiques et sociaux.

(Caroline Stauffer; Marc Angrand pour le service français)