LEAD 1-Allemagne-L'excédent budgétaire dédié aux réfugiés

mercredi 13 janvier 2016 12h17
 

(Actualisé avec des précisions, citation, contexte)

par Michael Nienaber

BERLIN, 13 janvier (Reuters) - L'Allemagne a dégagé en 2015 un excédent budgétaire plus élevé que prévu, d'un montant de 12,1 milliards d'euros et qui servira à financer l'accueil et l'intégration des demandeurs d'asile, a annoncé mercredi le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Cet excédent, qui s'explique par une hausse des recettes fiscales et par le produit tiré de l'adjudication de fréquences de téléphonie mobile, est pratiquement le double des 6,1 milliards d'euros attendus.

Il permet aussi à l'Allemagne d'envisager cette année un troisième exercice budgétaire équilibré d'affilée.

"Il nous faut cette réserve de toute urgence pour financer les dépenses supplémentaires d'accueil et d'intégration des réfugiés", a dit Wolfgang Schäuble, ajoutant que maintenir les finances publiques à l'équilibre était envisageable cette année encore, en dépit de l'afflux de migrants.

Un taux d'emploi record et des salaires en hausse appuient une augmentation des recettes tirées de l'impôt sur le revenu, tandis qu'une consommation des ménages dynamiques alimente celles découlant de la TVA.

Un haut fonctionnaire du gouvernement a dit qu'il était difficile d'imaginer de quelle manière le budget évoluerait car personne ne peut dire combien de réfugiés et migrants arriveront en Allemagne cette année et les suivantes.

Le pays a accueilli l'an dernier près de 1,1 million de demandeurs d'asile, soit bien plus que tout autre pays de l'Union européenne (UE).

Le droit allemand dispose que les fonds publics non mobilisés en fin d'année doivent être employés à rembourser la dette. Toutefois, le gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel a décidé de consacrer à partir de 2015 les excédents budgétaires à financer les coûts liés aux réfugiés.

L'institut d'études économiques DIW estime que les dépenses publiques affectées à ce poste passeront de six milliards d'euros l'an passé à 15 milliards d'euros en 2016 et à 17 milliards d'euros en 2017, ce qui doit en principe doper un peu plus la consommation et stimuler le secteur du bâtiment. (Henri-Pierre André et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)