Nucléaire-Les devis du stockage de déchets restent très éloignés

lundi 11 janvier 2016 21h15
 

PARIS, 11 janvier (Reuters) - Les estimations du coût du futur centre de stockage en profondeur de déchets nucléaires de Bure (Meuse) varient encore de 30% en fonction des hypothèses retenues par les producteurs et l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), selon les dernières estimations publiées lundi.

Le projet, nommé Cigéo, fait l'objet d'une bataille de chiffres depuis plusieurs années entre les producteurs de déchets EDF, Areva et le CEA - qui le financeront en totalité - et l'Andra - qui en assurera la gestion -, avec des estimations qui ont varié du simple au double.

Cumulées sur une centaine d'années d'exploitation de Cigéo, elles "peuvent conduire à des différentiels de l'ordre de 30% à la fin de la phase d'esquisse" et se traduisent ainsi par "un écart entre un chiffrage d'environ 20 milliards d'euros et un autre d'environ 30 milliards d'euros", selon une note de synthèse de l'Andra.

"Il est à noter que l'évaluation de ces coûts est un exercice particulièrement délicat puisqu'il nécessite de faire des hypothèses sur le coût du travail, de la fiscalité, des matériaux ou de l'énergie pendant plus de 100 ans", a cependant souligné l'Agence.

Dans un communiqué commun, l'Andra, EDF et Areva ont en outre fait état de "nombreux échanges techniques" censés faire "converger" leurs estimations.

Le projet Cigéo doit permettre d'assurer la gestion à long terme des déchets les plus radioactifs produits par les installations nucléaires en France. Sous réserve d'autorisation, la construction du centre pourrait démarrer à l'horizon 2020.

La nouvelle évaluation du coût de Cigéo intervient en amont du dépôt par l'Andra d'un dossier d'options de sûreté auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire, courant 2016, et du démarrage des études d'avant-projet détaillé.

La note de synthèse de l'Andra :   Suite...