Emploi-FO demande à Hollande de faire pression sur les banques

mercredi 6 janvier 2016 13h14
 

PARIS, 6 janvier (Reuters) - La fédération Force ouvrière (FO) Banques demande à François Hollande de faire pression sur les banques françaises, grandes bénéficiaires selon elle des baisses d'impôts et de charges accordées par le gouvernement, pour qu'elles s'engagent à préserver l'emploi.

"Monsieur le président de la République, nous comptons sur vous et votre gouvernement pour exiger en contrepartie de toutes les aides accordées l'arrêt des destructions d'emplois dans les banques (...)", peut-on lire dans un courrier adressé mardi à François Hollande, signé par le secrétaire de la fédération Sébastien Busiris et dont Reuters a obtenu une copie.

"Chaque année, des milliers d'emplois sont supprimés dans notre profession, et cela s'avère d'autant plus honteux que celles-ci s'accompagnent d'importantes aides de l'Etat!", estime le syndicat, qui souhaite pouvoir s'entretenir sur ce sujet avec le chef de l'Etat.

François Hollande a annoncé lors de ses voeux télévisés un nouveau programme de lutte contre le chômage avec notamment 500.000 formations supplémentaires pour les demandeurs d'emploi et un programme de grands travaux.

Les inquiétudes des syndicats sur l'emploi dans les établissement de crédit se fondent notamment sur un mouvement généralisé de réduction des réseaux d'agences et de digitalisation de l'industrie bancaire.

Société générale a par exemple lancé en novembre un plan de digitalisation de sa banque de détail, qui prévoit notamment la suppression de 20% de ses agences et de 2.000 emplois.

FO Banques demande dans ce contexte à François Hollande "une attention toute particulière au désengagement des banques dans bon nombre de villes et villages au regard des fermetures d'agence annoncées".

Le secteur bancaire, traditionnellement l'un des plus gros pourvoyeurs d'emplois en France, n'est plus un recruteur net et a vu ses effectifs diminuer de 0,9% en 2014, une baisse que l'Association française des banques avait expliqué par la baisse de la fréquentation des agences.

Les services de l'Elysée et la Fédération bancaire française n'étaient pas immédiatement disponibles pour réagir à ce courrier.   Suite...