Le gouvernement grec présente sa réforme des retraites

mardi 5 janvier 2016 14h54
 

ATHENES, 5 janvier (Reuters) - Le gouvernement grec a dévoilé mardi son projet de réforme du système des retraites, qu'il a transmis à ses créanciers.

Cette réforme d'un système que le Premier ministre issu de la gauche radicale Alexis Tsipras a décrit comme au bord du gouffre est l'une des conditions posées par les bailleurs de fonds (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) au déblocage d'une nouvelle aide de 86 milliards d'euros à Athènes.

L'examen de cette réforme par le parlement grec, qui doit débuter à la mi-janvier, le gouvernement espérant le vote d'une loi début février, s'annonce difficile pour la coalition au pouvoir, qui n'a que trois sièges de majorité à la Vouli.

Le projet de réforme fixe un plafond mensuel de 2.300 euros pour les pensions, avec une limite supplémentaire de 3.000 euros pour ceux qui cumulent plusieurs retraites, ainsi qu'un plancher de 384 euros par mois.

Le gouvernement veut également fusionner les six grandes caisses de retraite et augmenter les contributions, d'un point de pourcentage pour les employeurs et de 0,5 point pour les employés.

"Le gouvernement s'efforce d'éviter l'effondrement du système de sécurité sociale (...). Les partis d'opposition doivent soutenir cet objectif national", a dit la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassili, accusant les précédents gouvernements d'avoir drastiquement réduit le montant des versements. "La pension moyenne (mensuelle) était de 1.480 euros en 2010 et a fini à 863 euros quand Nouvelle démocratie (conservateurs) et le Pasok (socialistes) nous ont remis le pouvoir (début 2015)", a-t-elle souligné.

Tous les partis de l'opposition ont critiqué le projet gouvernemental, qui doit permettre d'économiser l'an prochain un point de pourcentage de PIB par an, soit 1,8 milliard d'euros.

"Nous sommes contre la hausse des contributions sociales", a déclaré l'ancien ministre conservateur du Travail, Yannis Vroutsis, sur l'antenne de Skai TV. "Cela réduirait la croissance et augmenterait le chômage."

"On peut discuter des modalités, mais il y a des paramètres qui doivent être respectés. D'ici à la fin du mois de janvier, il faut qu'il y ait cette réforme des retraites", a déclaré lundi le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. (George Georgiopoulos, Lefteris Papadimas; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)