30 décembre 2015 / 10:52 / il y a 2 ans

LEAD 2-Pékin suspend les transactions forex de banques étrangères-sources

* Opérations suspendues pour au moins 3 banques étrangères-sources

* La banque centrale n'a pas motivé sa décision

* Une mesure pour limiter le spread entre yuan onshore et offshore

* Les autorités menacent d'aller plus loin, selon les sources (Actualisé avec nouvelles précisions, sources nommant Deutsche Bank parmi les banques visées)

SHANGHAI, 30 décembre (Reuters) - La banque centrale chinoise a suspendu jusqu'à fin mars certaines opérations d'au moins trois banques étrangères sur le marché des changes, a-t-on appris mercredi auprès de trois sources ayant vu les avis de suspension.

Parmi les services suspendus figurent les liquidations de positions de clients sur le marché spot et d'autres services liés aux transactions transfrontalières, intérieures et extérieures du yuan, ont précisé les sources.

La Banque populaire de Chine (BPC) n'a pas motivé sa décision, ont-elles ajouté, en notant que les banques ont pu être ciblées du fait de l'importance de leur activité forex.

Par ailleurs, trois sources sur les marchés financiers ont déclaré que Deutsche Bank était l'une des banques dont une partie des activités de change en Chine étaient suspendues.

Une porte-parole de Deutsche Bank à Londres s'est refusée à tout commentaire.

La décision de la BPC intervient après une série de mesures prises par les autorités chinoises pour tenter de stabiliser le yuan depuis sa dévaluation surprise du 11 août, qui a entraîné d'importantes sorties de capitaux dans la crainte d'un ralentissement de la croissance de la deuxième économie mondiale.

La BPC n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat mercredi mais l'Administration d'Etat chargée des marchés des changes (SAFE) a fait part mercredi de sa volonté d'augmenter ses moyens pour limiter les risques provenant de flux transfrontaliers "anormaux".

Les sources ont déclaré à Reuters que les autorités avaient averti les banques qu'elles fermeraient certains canaux d'arbitrage si elles abusaient de l'avantage tiré de l'écart entre les différents taux de change.

"Cela fait partie des moyens de la BPC pour stabiliser le taux de change du yuan", a dit un responsable d'une banque étrangère joint séparément.

ARBITRAGES ILLICITES

Une récente enquête d'Asiamoney auprès d'intervenants du marché désignait Deutsche Bank comme la principale banque étrangère active sur le forex en Chine, devant Australia and New Zealand Banking Group, HSBC, Citigroup et BNP Paribas.

Priées de dire si elles avaient reçu l'avis de la banque centrale, Citi, HSBC et BNP Paribas n'ont pas souhaité s'exprimer. ANZ n'a pas répondu dans l'immédiat.

Standard Chartered et DBS, qui effectuent également du trading forex en Chine, n'ont pas non plus répondu à des demandes d'information.

Il y a trois mois, la BPC avait ordonné aux banques de contrôler étroitement les transactions forex de leurs clients pour empêcher des arbitrages transfrontaliers illicites entre les cours du yuan sur le marché intérieur et extérieur.

L'écart ("spread") entre les deux cours s'est accru depuis la dévaluation de cet été, compliquant les efforts de la banque centrale pour gérer sa devise et prévenir des sorties de capitaux alors que la croissance chinoise connaît son ralentissement le plus marqué depuis 25 ans.

Selon les sources, les autorités ont averti les banques que la BPC couperait encore plus les canaux utilisés pour les arbitrages si elles cherchaient à gagner de l'argent en faisant des "carry trades", transactions où elles cherchent à profiter du différentiel des taux de change "onshore" et "offshore".

Le yuan "onshore" négocié à Shanghai a perdu 1,44% de sa valeur depuis la fin novembre, tombant à son plus bas niveau depuis quatre ans et demi.

Le yuan "offshore", à Hong Kong, a connu une trajectoire similaire et touché mercredi matin un plus bas depuis septembre 2011 de 6,60 pour un dollar.

La dépréciation du yuan a contribué à la baisse de plus de 400 milliards de dollars (366 milliards d'euros) des réserves en devises étrangères de la Chine cette année.

"C'est un moyen pour atténuer les pressions sur le yuan", a dit un économiste d'un "think tank" d'Etat sous le couvert de l'anonymat. "Mais je ne pense pas que les autorités prendront des mesures fortes de contrôle des capitaux, elles cherchent juste à renforcer les mesures existantes."

Lu Jianxin et Nathaniel Taplin, avec les contributions de Lawrence White et Umesh Desai à Hong Kong et de Kevin Yao à Pékin; Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand

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