Plaintes d'un ex-otage au Niger contre Areva et l'Etat français

lundi 28 décembre 2015 09h05
 

PARIS, 28 décembre (Reuters) - L'un des otages enlevés en 2010 par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sur un site minier du Niger et relâchés il y a deux ans compte porter plainte contre l'Etat français et l'exploitant Areva, déclare-t-il dans un entretien publié lundi.

Thierry Dol dit espérer que ces plaintes, pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en danger", lui permettront d'en savoir plus sur les conditions de son enlèvement et de sa libération.

Il se demande en particulier pourquoi Areva n'a pas procédé à l'évacuation des employés présents sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit, alors même que l'entreprise avait selon lui connaissance d'une menace sérieuse pour leur sécurité.

"Les derniers jours, la menace était telle que j'étais persuadé qu'Areva allait nous évacuer. Au moment de notre enlèvement, des investisseurs chinois étaient présents. Leur sécurité a-t-elle primé sur la nôtre ?", dit-il au Parisien-Aujourd'hui en France.

"Je veux que toute la lumière soit faite", poursuit-il.

Joint par Reuters, Areva s'est refusé à tout commentaire.

Thierry Dol a été libéré en octobre 2013, en même temps que trois autres compagnons de captivité, plus de 1.000 jours après son enlèvement.

"Aujourd'hui, j'ignore encore s'il y a eu rançon, si oui combien, les intermédiaires éventuels, les autres contreparties... J'ai besoin de savoir. C'est l'un des objectifs de la procédure que j'intente", ajoute Thierry Dol.

La France a toujours nié avoir versé la moindre rançon pour résoudre des prises d'otages à l'étranger.   Suite...