Affaire VW-Renault va accélérer son programme de R&D-Presse

jeudi 17 décembre 2015 23h35
 

PARIS, 17 décembre (Reuters) - Renault va accélérer de plusieurs années son programme de Recherche & Développement pour préparer les prochaines normes d'émissions qui seront encore plus strictes, a déclaré le directeur général délégué du constructeur dans une interview publiée jeudi soir sur le Figaro.fr.

"Nous allons (...) accélérer le programme d'investissements, d'un montant de 1,2 milliard d'euros, qui doit permettre de répondre aux futures normes Euro 6d, à l'horizon 2017-2018", a déclaré Thierry Bolloré. "Ces normes, dont les paramètres et le calendrier de mise en ÷uvre sont encore en discussion, seront plus sévères. C'est pourquoi ce programme, qui était prévu sur cinq ans, pourrait être resserré d'une à deux années. C'est une décision industrielle lourde."

Dans un communiqué publié également jeudi soir, Renault a souligné que ce programme conjoint avec son partenaire de l'alliance Nissan, visait à "développer (...) la nouvelle génération de moteurs toujours plus propres et performants." Le groupe ne précise s'il parle surtout des moteurs diesel, des moteurs essence ou des systèmes hybrides rechargeables - qui conjuguent un bloc essence pour la route et un mode purement électrique pour la ville - ou de toutes ces technologies à la fois.

Le directeur délégué à la Compétitivité juge qu'outre le "choc" provoqué par l'affaire du trucage des émissions polluantes de voitures diesel du groupe Volkswagen, la COP21, qui vient de s'achever, a créé un nouveau contexte en replaçant l'environnement au centre des préoccupations des consommateurs.

"Nous avons tous subi un choc à la rentrée, qui a changé la perception des parties prenantes, pouvoirs publics et consommateurs notamment, à l'égard de l'ensemble de l'industrie automobile européenne", poursuit Thierry Bolloré.

Il souligne que les tests aléatoires lancés par le ministère de l'Ecologie dans le sillage du scandale VW ont montré que les quatre véhicules Renault testés n'étaient équipés d'aucun système de fraude ou de leurre antipollution, mais qu'ils ont confirmé aussi des écarts entre les mesures réalisées en laboratoire pour les besoins de l'homologation des véhicules, et celles effectuées en condition plus normale de conduite.

Le prochain durcissement des normes visera notamment à réduire cet écart.

A court terme, Renault entend accélérer son calendrier d'ingénierie pour installer des systèmes d'EGR (recirculation des gaz d'échappement) améliorés sur ses véhicules dès juillet 2016, alors que le groupe a jusqu'ici opté essentiellement pour le système dit du piège à NOx (NOx Trap) afin de réduire les émissions d'oxydes d'azote de ses moteurs diesel. Thierry Bolloré a précisé que ce programme nécessitait un budget de 50 millions d'euros. (Gilles Guillaume, édité par Véronique Tison)