La zone euro approuve une nouvelle tranche d'aide à la Grèce

jeudi 17 décembre 2015 17h05
 

BRUXELLES/ATHENES, 17 décembre (Reuters) - Les responsables de la zone euro ont approuvé provisoirement une nouvelle tranche d'aide d'un milliard d'euros à la Grèce après le renoncement par Athènes à un projet de loi sur un programme économique parallèle, a-t-on appris jeudi auprès d'un responsable européen.

Le projet de loi en question, soumis par le Premier ministre Alexis Tsipras, comportait une série de mesures sociales destinées à répondre à ce qu'il a appelé une "crise humanitaire".

Il s'agissait pour le chef du gouvernement d'apaiser les critiques venant de son parti Syriza, sur les réformes exigées par les créanciers d'Athènes en échange d'un troisième plan d'aide international.

Sous la pression des créanciers et de l'opposition de droite, ce projet de loi a finalement été retiré de l'agenda parlementaire et sera discuté en commission début janvier, a-t-on appris de source parlementaire.

Les créanciers de la zone Europa ont donc réagi en approuvant une tranche d'aide "sous deux à trois conditions techniques" qui devraient être remplies vendredi, permettant ainsi au Mécanisme européen de stabilité (MES) de débloquer la somme, a expliqué le responsable européen.

Athènes peine à faire adopter les mesures de réforme exigées en échange d'un plan d'aide de 86 milliards d'euros conclu cet été dans le cadre d'un accord avec ses partenaires de la zone euro. Le gouvernement grec plaide en outre pour une forme d'allègement de sa dette afin de l'aider à relancer la croissance.

Une telle mesure ne présente aucun caractère d'urgence, déclare Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) dans un entretien que publie jeudi le quotidien économique grec Naftemporiki.

"En 2014, les paiements des intérêts en pourcentage du PIB ont été plus bas en Grèce qu'en Espagne, au Portugal et en Italie", déclare le banquier central au journal.

"En prenant en compte les faibles besoins de refinancement pour les prochaines années, un allègement supplémentaire de la dette ne semble pas être un sujet présentant un caractère particulièrement urgent", ajoute le président de la Bundesbank.

(Renee Maltezou à Bruxelles et Lefteris Papadimas à Athènes; Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)