Japon-Baisse la plus marquée en trois ans des exportations

jeudi 17 décembre 2015 09h25
 

TOKYO, 17 décembre (Reuters) - Les exportations japonaises ont subi en novembre leur recul le plus marqué en près de trois ans, sous le coup notamment d'une forte diminution des livraisons vers le reste de l'Asie, une évolution qui n'est pas de bon augure pour la troisième économie mondiale.

Le pays a finalement échappé à la récession au troisième trimestre à la faveur d'une nette hausse de la demande intérieure, mais le recul des exportations met en lumière le risque que fait peser le ralentissement économique chinois sur les perspectives japonaises.

Selon des données publiées jeudi par le ministère des Finances, ces exportations ont baissé de 3,3% novembre par rapport au même mois de 2014, soit leur diminution la plus prononcée depuis décembre 2012.

Les économistes interrogés par Reuters avaient anticipé un recul de 1,5%.

La Banque du Japon devrait observer le statu quo à l'issue de sa réunion de politique monétaire de deux jours qui s'achève vendredi.

Mais si la faiblesse de la demande extérieure persiste, ce sera un nouveau facteur de complication dans le cadre de son objectif de faire remonter l'inflation à 2%.

"Il reste beaucoup d'incertitudes autour de la Chine. Les risques pesant sur les exportations sont baissiers", a déclaré Shuji Tonouchi, chargé de la stratégie taux chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities.

Les exportations vers la Chine ont baisse de 8,1% sur un an le mois dernier, soit leur baisse la plus marquée depuis février.

Vers l'ensemble de l'Asie, qui absorbe la moitié des exportations japonaises, le repli a été de 8,7%, du jamais vu depuis juillet 2012.

Vers les Etats-Unis, un grand acheteur de biens japonais, les exportations ont progressé de 2,0% en novembre, ce qui représente un ralentissement par rapport aux +6,3% d'octobre.

Les importations ont baissé de 10,2% sur un an en novembre, contre un consensus d'un repli de 8,3%. La balance commerciale se solde par un déficit de 379,7 milliards de yens (2,86 milliards d'euros), alors que les économistes avaient anticipé -446,2 milliards. (Stanley White, Benoît Van Overstraeten pour le service français)