Les gros moteurs diesel interdits à New Delhi

mercredi 16 décembre 2015 17h59
 

par Aditi Shah

NEW DELHI, 16 décembre (Reuters) - La Cour suprême d'Inde a ordonné l'interdiction provisoire de la vente de gros véhicules diesel à New Delhi pour combattre la pollution de l'air dans la ville, ce qui a suscité l'inquiétude et des mises en garde de la part de certains constructeurs.

Selon un jugement publié mercredi, l'immatriculation de véhicules diesel d'au moins 2,0 litres de cylindrée est interdite à New Delhi et dans ses environs avec effet immédiat et ce, jusqu'au 31 mars.

La Cour suprême, assurant que sa décision n'affecterait pas "l'Indien moyen", n'a en revanche pas interdit les véhicules de moindre cylindrée qui engorgent les routes du pays. Elle a cependant interdit le transit des camions dans New Delhi et banni des rues de la capitale les camions âgés de plus de 10 ans.

La taxe existante sur les camions effectuant des livraisons dans New Delhi a été doublée pour atteindre jusqu'à 2.600 roupies(36 euros).

Les juges de la Cour suprême réfléchiront enfin en janvier à la création d'une taxe sur tous les véhicules diesel vendus dans le pays.

Si les militants écologistes se sont réjouis de cette décision, en réclamant qu'elle soit élargie aux autres grandes villes d'Inde enveloppées dans des nuages de pollution, le secteur automobile a en revanche exprimé ses inquiétudes, en particulier pour les concessionnaires qui pourraient se retrouver avec des stocks de véhicules impossibles à vendre.

Un porte-parole de Mercedes-Benz (gruope Daimler ), pour qui la région de New Delhi représente environ un quart des ventes en Inde, a déclaré que cette interdiction du diesel et les incertitudes qu'elle faisait naître "affecteraient profondément" les projets de croissance et les futurs investissements en Inde.

"Nous devons aussi prendre en considération les pertes d'emploi qui en résulteront chez les concessionnaires, chez les vendeurs de moteurs diesel", a écrit ce porte-parole dans un courriel adressé à Reuters.

Mahindra & Mahindra, premier constructeur de véhicules utilitaires en Inde, a vu le cours de son action chuter de 5,51% mercredi. Il a estimé que l'interdiction affecterait ses ventes mensuelles totales à hauteur d'environ 2%.

La fédération des constructeurs automobiles en Inde a réclamé un plan global incluant un dispositif de remplacement des véhicules anciens. (Avec Sankalp Phartiyal; Bertrand Boucey pour le service français)