La chute du minerai de fer menace les marges des géants miniers

mercredi 16 décembre 2015 11h51
 

SYDNEY, 16 décembre (Reuters) - La chute des cours du minerai de fer a déjà contraint les acteurs les plus fragiles du secteur à mettre la clé sous la porte et menace désormais les marges des entreprises les plus solides.

Le cours du minerai de fer .IO62-CNI=SI s'établit mercredi à 37,50 dollars la tonne, selon le fournisseur de prix The Steel Index (TSI), son niveau le plus bas depuis que TSI a commencé à fournir ses données il y a presque 10 ans.

Cette baisse, qui affecte également les cours d'autres ressources de base, provient principalement d'un fléchissement de la demande dû notamment au ralentissement de la croissance chinoise, dont les effets se font sentir sur tous les marchés du monde.

"On pourrait facilement voir le prix descendre à 30 dollars la tonne", estime Gavin Wendt, analyste chez MineLife.

Le seuil de rentabilité est de 33,40 dollars la tonne pour le premier producteur mondial de minerai de fer, le brésilien Vale, et de respectivement 29,20 dollars et 29,40 dollars pour ses deux poursuivants, Rio Tinto , selon Citi.

L'autre producteur d'importance, Fortescue Metals Group , a fixé son seuil de rentabilité à 37 dollars la tonne, soit juste en dessous du cours actuel.

"Les trois premiers dégagent une marge nette de trésorerie de 5-9 dollars par tonne", écrit Citi dans une note. "FMG (Fortescue) est sur son seuil et tous les autres sont dans le rouge".

Le fait d'être toujours bénéficiaires, même si leurs marges se réduisent, permet à Vale, Rio et BHP de produire davantage. Les trois ensemble devraient extraire au total un milliard de tonnes d'ici à 2017, au risque de peser encore sur les prix en augmentant une offre déjà excédentaire.

"La demande pour le minerai de fer faiblit et les stocks s'accumulent", résume Gavin Wendt. "Pendant ce temps, la Chine met de côté une part de plus en plus importante de sa production parce qu'il devient évident qu'elle ne peut pas se contenter d'exporter pour compenser la faiblesse de la demande intérieure". (Ed Davies; Patrick Vignal pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)