UE-Vers une nouvelle agence des frontières, aux pouvoirs élargis

mardi 15 décembre 2015 17h06
 

BRUXELLES/STRASBOURG, 15 décembre (Reuters) - L'Union européenne va pratiquement tripler en l'espace de cinq ans le budget alloué à la surveillance de ses frontières, assurée par une nouvelle Agence européenne de gardes-côtes et des frontières, en vertu de propositions détaillées mardi à Bruxelles pour faire face à la crise des migrants.

Si sa création est entérinée par les Etats membres de l'UE, la nouvelle agence remplacera l'agence actuelle, Frontex, et disposera de prérogatives élargies, parmi lesquelles l'entretien d'une force de réaction rapidement mobilisable, composée de 1.500 hommes. Son budget annuel, fixé à 114 millions d'euros pour 2015, augmentera jusqu'à atteindre 322 millions d'euros à l'horizon 2020.

Dans ses propositions, la Commission européenne suggère d'être habilitée à déployer la force de réaction rapide sans avoir besoin du feu vert de l'Etat dont le territoire est concerné, idée qui se heurte à la résistance de certains pays et que beaucoup jugent difficile à mettre en pratique.

L'objectif de Bruxelles est de renforcer les contrôles aux frontières face à la crise migratoire sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale que l'Europe subit cette année.

Selon les dernières données de l'agence européenne de statistiques Eurostat, quelque 812.000 personnes ont demandé l'asile dans l'UE sur les trois premiers trimestres de l'année en cours. A ce rythme, le total de demandes d'asile atteindra le million d'ici la fin de l'année.

L'initiative vise particulièrement la Grèce, en première ligne sur la frontière sud-est de l'espace Schengen, où les pouvoirs publics peinent à gérer les arrivées massives de migrants et de réfugiés (au moins 700.000 depuis le début de l'année d'après Frontex).

"PLUS D'EUROPE"

L'Agence européenne serait habilitée à "intervenir immédiatement dans les situations de crise" et à déployer des gardes-frontières en piochant dans une "réserve" de 1.500 agents mobilisables en quelques jours.   Suite...