December 15, 2015 / 11:00 AM / 2 years ago

LEAD 2-Aveva et Schneider renoncent à un rapprochement trop risqué

5 MINUTES DE LECTURE

* La transaction jugée trop complexe et risquée

* La chute des cours du brut avait influé sur les discussions-sce

* L'action Aveva chute d'un tiers à Londres

* Le groupe britannique réaffirme ses prévisions de résultats (Actualisé avec cours, précisions et commentaire)

par Sarah Young et Gilles Guillaume

LONDRES/PARIS, 15 décembre (Reuters) - L'éditeur britannique de logiciels industriels Aveva et le français Schneider Electric ont abandonné mardi le projet de rapprochement de leurs activités de logiciels, jugeant d'un commun accord l'opération trop complexe et risquée.

Aveva, dont les logiciels servent à concevoir des plates-formes pétrolières, navires ou centrales nucléaires, a vu son titre s'effondrer d'un tiers à la Bourse de Londres en dépit de spéculations sur de nouvelles manifestations d'intérêt.

Vers 12h50, le titre chute de 34,6% à 1.417 pence alors que Schneider est en légère hausse à 52,65 euros (+0,44%) à la Bourse de Paris.

Le groupe français avait annoncé le 20 juillet qu'il investirait 550 millions de livres (756 millions d'euros) dans des actions nouvelles d'Aveva afin de prendre une participation de 53,5% dans le leader des logiciels industriels issu de ce rapprochement.

En lui apportant ses propres activités issues notamment d'Invensys, racheté il y a deux ans au Royaume-Uni, l'objectif était de créer un leader du secteur ayant des clients aussi divers que l'industrie pharmaceutique ou nucléaire.

"Après une période extensive de 'due diligence', les conseils d'administration d'Aveva et de Schneider Electric ne sont pas parvenus à s'entendre sur les termes d'un accord et les discussions ont été arrêtées par consentement mutuel", a déclaré Aveva dans un communiqué, imité peu après par Schneider.

"D'un commun accord, les deux parties ont décidé d'arrêter leurs discussions", a confirmé Schneider.

La rupture des négociations n'entraînera pas le versement de pénalités par une partie ou une autre, a précisé le britannique en ajoutant que ses perspectives pour le reste de l'exercice demeuraient inchangées.

Le marché Parie Sur D'autres Operations

Le rapprochement de ses logiciels avec ceux de Schneider devait permettre à Aviva de réduire son exposition envers les marchés du pétrole et du gaz, qui représentent actuellement 45% de son chiffre d'affaires.

Mais l'entreprise, issue de la scission en 1967 d'un laboratoire spécialisé de l'Université de Cambridge, a expliqué que la structure envisagée pour la nouvelle société et le montage financier étaient trop complexes. "La hausse qui avait été anticipée de la valeur actionnariale n'aurait probablement pas été réalisée autant que ce qui était envisagé", a-t-elle fait savoir.

En juillet, des brokers avaient calculé que la proposition valorisait Aviva à 2.600 pence par action, soit une prime de 47% par rapport à son cours de l'époque.

Une source proche du dossier explique pour sa part que l'environnement avait beaucoup changé à l'automne par rapport au cadre initial dans lequel avait été signé l'accord de principe. "Il y avait des sujets de valorisation liés à l'évolution des devises et à la baisse du pétrole", a-t-elle dit.

Pour Kepler Cheuvreux, l'abandon du projet est positif car il laisse augurer d'autres opérations de croissance externe chez le groupe français.

"Cela évite à Schneider de poursuivre une stratégie complexe en matière de logiciels industriels (...) dans une période où les marchés principaux d'Aveva enregistrent une détérioration de la demande", commente l'intermédiaire dans une note, en référence à l'exposition d'Aveva au secteur de l'oil & gas.

"Schneider améliore ainsi sa flexibilité financière. Nous estimons maintenant à jusqu'à deux milliards d'euros sa puissance de feu en cas d'opportunités de M&A", ajoute-t-il.

Le numéro un des équipements électriques basse et moyenne tension veut se renforcer notamment dans les solutions et les services entourant le développement de la "smart grid" (réseaux électriques intelligents"). Dans le cadre de l'évolution de son portefeuille, il a cédé coup sur coup l'activité d'éclairage Juno Lighting en octobre, et l'activité Transport du groupe, mi-décembre.

Selon Investec, Aviva pourrait de son côté susciter de nouvelles marques d'intérêt, surtout après l'effondrement de son cours de Bourse. Jefferies a lui aussi ravivé ces spéculations, sans citer de nom mais il avait auparavant mentionné un intérêt possible de l'allemand Siemens. (Avec Véronique Tison, édité par Jean-Michel Bélot)

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